Footballeur doué et passionné, Sikou Niakaté raconte comment il a dû renoncer à sa passion en raison d’un complexe lié à la taille de son sexe. À 34 ans, il témoigne.
Il ne le saura jamais, mais Sikou Niakaté est peut-être passé à côté d’une honnête carrière de footballeur. Fort, excellent même” lorsqu’il était jeune et qu’il jouait dans son quartier du XIXe arrondissement parisien, l’homme aujourd’hui âgé de 34 ne s’est jamais inscrit dans un club, pour une seule raison : le complexe qui l’habitait en raison de la taille de son sexe.
Aujourd’hui auteur et réalisateur, notamment d’un documentaire sur les masculinités intitulé “Dans le noir, les hommes pleurent”, il s’est confié à L’Équipe sur cette idée plantée en lui qui a façonné une grande partie de sa vie et qui a commencé par le regard des autres. “Après un match de foot, un de mes potes me montre son sexe, pour rien, juste pour rigoler, et me demande de lui montrer le mien. Son sexe est bien plus volumineux, je ne veux pas. Il continue à me mettre la pression, assure que c’est bizarre que je dise non. Je n’ai plus le choix. Je baisse mon jogging et mon slip. Il regarde, se retient de rire puis explose : ‘Tu as une toute petite bite, c’est un truc de fou.'”
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Après ça, “mort à l’intérieur”, Sikou Niakaté n’a eu de cesse d’être hanté par ce complexe, que l’on connaît sous le nom de “syndrome des vestiaires.” Que ce soit au collège, au lycée, ou dans l’impossibilité de s’inscrire dans un club de sport : “La douche collective, ce n’était pas possible”, résume-t-il. “Probablement aussi qu’en tant que Noir, je me suis dit que ma normalité, ça devait être l’excès, que je ne pouvais pas juste être dans la norme française” imagine-t-il également.
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Celui qui a “l’impression d’avoir été puni par la loterie génétique” sera finalement rassuré, peu à peu, notamment par les différentes partenaires amoureuses qu’il rencontrera au cours de sa vie. Et découvre aussi, avec son documentaire, que cette question “touche énormément d’hommes.”

