January 22, 2026

"Il a fixé le prix d’une vie à quelques milliers d’euros" : 25 et 22 ans de réclusion criminelle pour les assassins de Christian Lamige

l’essentiel
Le procès pour l’assassinat de Christian Lamige s’est conclu en Ariège. Miguel Batista Almeida et Ludovic C. ont été condamnés respectivement à 25 et 22 ans de réclusion. Les motivations du crime restent floues, laissant des questions sans réponse.

Le silence est lourd dans la salle d’audience de la cour d’assises de l’Ariège, ce mercredi 21 janvier 2026. Après quatre heures de délibération, les jurés ont scellé le destin de deux hommes jugés pour l’assassinat de Christian Lamige. Un moment suspendu, attendu avec angoisse par les parties civiles, restées tout au long du procès sans réponses claires quant au “pourquoi” de ce crime.

Dans ses réquisitions, l’avocate générale Élodie Girardelli a dressé un tableau implacable. “Miguel Batista Almeida a fixé le prix d’une vie à une voiture de quelques milliers d’euros, Ludovic C. à une centaine d’euros”, lançait-elle, qualifiant les faits “d’homicide volontaire avec préméditation”. Pour le ministère public, l’intention homicide ne faisait aucun doute : une strangulation menée à deux, sur un homme vulnérable, “tiré à deux mains, le pied sur le siège avant”. “Comment peut-on dire qu’il n’y avait pas d’intention d’homicide ?”, interrogeait-elle, avant de requérir 30 ans de réclusion criminelle contre chacun des accusés, avec une période de sûreté de 20 ans pour Miguel Batista Almeida.

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Face à cette accusation sévère, les avocats de la défense ont tenté de fissurer la qualification d’assassinat en concentrant leurs plaidoiries sur l’absence de préméditation et l’individualisation des responsabilités.

“C’est un escroc à la petite semaine”

Pour Me Emeline Andrieu, avocate de Miguel Batista Almeida, la clé du dossier tient en un mot : le doute. Elle décrit son client comme “un mythomane”, incapable de livrer une version fiable des faits. “Un mythomane, ce n’est pas un simple menteur, c’est pathologique”, plaide-t-elle, appelant la cour à se méfier des contradictions. Si elle ne nie pas la gravité des faits, elle conteste l’idée d’un homme violent : “Miguel Batista Almeida, c’est un escroc à la petite semaine, pas un assassin préméditant un meurtre.”

Les avocats de la défense.
Les avocats de la défense.
DDM Damien Souillé

Du côté de Ludovic C., ses conseils, Me Marion Bouillaud-Juanchich et Me Thomas Herin-Amabile, ont martelé la constance des déclarations de leur client. “Il ne s’est jamais dit innocent”, rappelle Me Bouillaud-Juanchich lors de la première plaidoirie de sa carrière devant une cour d’assises, soulignant qu’il reconnaît sa participation mais nie toute intention de tuer. “Il s’est arrêté. Cela démontre une limite intérieure”, insiste-t-elle, évoquant un homme en errance psychologique, pour qui la violence était devenue un mode de réaction.

Un juré s’assoupit pendant les plaidoiries

Me Herin-Amabile plaide à son tour l’absence de préméditation : “On ne lui a pas proposé 100 euros pour tuer quelqu’un. Il n’a rien préparé.” Une plaidoirie brusquement interrompue par un incident rare : un juré assoupi. “On parle quand même d’une peine de 30 ans”, lâche l’avocat, visiblement ébranlé, avant d’en finir avec ses propos.

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En début de soirée, la cour revient. Le verdict tombe, lourd de conséquences, mais en deçà des réquisitions. L’assassinat est retenu pour les deux meurtriers. Miguel Batista Almeida est condamné à 25 ans de réclusion criminelle, assortis d’une interdiction de détenir ou porter une arme pendant 15 ans. Ludovic C. écope de 22 ans de réclusion criminelle, avec un suivi socio-judiciaire de cinq ans, sous peine de trois ans d’emprisonnement supplémentaires en cas de non-respect, et la même interdiction d’armes.

Dans la salle, les visages sont fermés. Pour la famille de Christian Lamige, la peine est là, mais les réponses restent absentes. Le procès se referme sur un constat amer : celui d’une vie brisée, et de deux autres définitivement marquées par un acte que personne, à l’audience, n’a su pleinement expliquer.

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