August 28, 2025

VIDEO. "J’entends un gros crac et je sens une décharge" : tétraplégique après un plongeon, Nicolas garde la force de se battre

l’essentiel
Le 17 juillet 2024, Nicolas Lestrate, un Tarbais, fait un mauvais plongeon dans les Landes. Tétraplégique, il sort aujourd’hui d’un an de rééducation. Le jeune homme qui se destinait à une carrière sportive dans le water-polo a dû renoncer à ses rêves.

Sa vie a chaviré en quelques secondes. Le 17 juillet 2024, Nicolas Lestrate se baigne avec des amis sur la plage de Moliets. Le drapeau est vert, mais l’océan, comme souvent dans les Landes, est un peu agité. Le Tarbais ramène deux copines sur le rivage, elles ont été un peu déportées par le courant. Puis, il se rejette à l’eau, entre les drapeaux de surveillance. L’eau, il adore ça : depuis l’enfance, il joue au water-polo à la piscine de Tarbes. Mais cet été, l’eau est sans pitié. ” Je plonge dans une vague et je me cogne à une bosse de sable. J’entends un gros crac et je sens une décharge électrique. Je n’arrive plus à bouger, je coule “, se souvient le Bigourdan de 18 ans alors.

Deux baigneurs le repêchent et le ramènent sur le sable. Les maîtres nageurs le prennent en charge puis les pompiers. Il est d’abord question de le transférer à l’hôpital de Dax. Finalement, il est héliporté au centre hospitalier de Bordeaux : ses blessures sont trop graves. Nicolas s’est brisé la 5e cervicale. Il est opéra le soir même et reste en réanimation pendant dix jours. Mais le lendemain, impossible de se lever, il a perdu l’usage de ses jambes. Son long chemin de croix ne fait que commencer.

Il travaille son souffle avec une sarbacane

Le 18 août 2024, il est admis en rééducation à L’Arbizon, à Bagnères-de-Bigorre. Cinq mois après, le diagnostic tombe comme un couperet : le jeune Tarbais a des lésions nerveuses partiellement coupées : il ne pourra plus jamais remarcher. ” On ne me l’a jamais dit tel quel, mort pour mot. Mais j’ai compris. Je me suis habitué, j’ai appris à vivre avec “, glisse-t-il dans sa chambre à Bagnères où il vient de passer un an. Alors, la famille Le Strate, doit tout recomposer. ” On a dû trouver un fauteuil roulant, des pantalons adaptés avec des scratchs et plus de fermeture éclair, et ce n’est pas une mince affaire, aménager la maison…” raconte Sophie, sa mère. Pendant sa rééducation, Nicolas a musclé ses biceps et ses épaules qui forcent désormais davantage pour pousser le fauteuil. Il a travaillé son équilibre et son souffle… avec une sarbacane. ” J’ai battu tous les records de l’établissement avec 95 points “, sourit-il. Nicolas, le boute-en-train, retrouve des couleurs et un peu de répit.

Surtout, il garde le moral. ” J’ai été tellement bien entouré que malgré les difficultés, je suis resté positif. C’est grâce à mon entourage mais aussi à tous les soignants qui ont été formidables “, explique-t-il. Car ce sportif au mental d’acier a dû renoncer à ses rêves : avant l’accident, il était sur le point d’intégrer le cercle des nageurs de Marseille après un stage concluant parmi l’équipe de France de water-polo, en espoir. Le nageur a fait une croix sur l’équipe et sur son avenir de sportif professionnel.

Qu’à cela ne tienne : il a repris le sport pendant sa rééducation. D’abord du ping-pong avant de se rejeter à l’eau, à la piscine. ” J’ai pu faire plusieurs longueurs, c’était incroyable “, assure-t-il. Au bord du bassin, il assiste aux matchs de son équipe de water-polo. Lors du Grand raid des Pyrénées, le 20 août, il a pu partager l’expérience en goélette. ” On a été extrêmement touché par la chaîne de solidarité qui s’est mise en marche. Une cagnotte a été lancée par le club de natation de Tarbes, nos amis ont fabriqué des rampes pour la maison, des cales avec une imprimante 3D pour son fauteuil”. Ce vendredi, Nicolas rentre enfin à la maison. Il va décrocher les photos de son mur d’hôpital et attend impatiemment sa rentrée en BTS au lycée Marie Curie. ” C’est la première fois que je suis aussi impatient de la rentrée “, sourit-il.

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