Un an après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump voit sa politique commerciale confrontée à un test décisif. Ce mercredi 21 janvier, la Cour suprême américaine doit dire si le président peut, seul, imposer des droits de douane à ses partenaires au nom de l’urgence nationale.
Le président américain pouvait-il imposer des taxes à l’importation à ses partenaires commerciaux ? La question sera au cœur de l’audience examinée ce mercredi 21 janvier par la Cour suprême des États-Unis. Les neuf juges devront se prononcer sur la légalité des droits de douane décidés par Donald Trump au nom de l’urgence nationale, sans vote parlementaire.
L’enjeu dépasse largement la seule politique commerciale, il s’agit de déterminer jusqu’où peuvent aller les prérogatives de l’exécutif. Les magistrats devront répondre à une interrogation : un président peut-il, seul, instaurer des taxes à l’importation en invoquant une situation d’urgence ? Leur décision pourrait redessiner l’équilibre des pouvoirs à Washington.
Hausse des droits de douane
Après avoir ciblé le Canada, le Mexique et la Chine, Donald Trump a étendu, durant l’été 2025, ses hausses de droits de douane à une grande partie des pays du monde. Pour justifier cette stratégie, il s’est appuyé sur une loi de 1977, l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), qui autorise l’exécutif à prendre des mesures économiques exceptionnelles sans l’aval du Congrès en cas d’urgence nationale. Le déficit commercial américain constituait, selon lui, une menace directe pour la sécurité du pays.
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Même dans l’hypothèse d’une invalidation par la Cour suprême, le président assure qu’il saura contourner une décision défavorable. “Nous avons d’autres options, mais ce que nous faisons en ce moment est ce qu’il y a de mieux, de plus fort, de plus rapide, de plus simple et de moins compliqué”, a-t-il déclaré mardi 20 janvier, sans préciser les moyens qu’il entend mobiliser.
“Nous faisons une fortune”
Donald Trump dit toutefois espérer éviter ce scénario, affirmant que sa politique tarifaire actuelle est “parfaite”. “Nous faisons une fortune. Nous n’avons jamais été aussi forts, et j’espère que la Cour suprême fera ce qui est juste pour notre pays. Ce serait tellement triste qu’elle en décide autrement. Nous allons si bien grâce aux droits de douane”, a-t-il insisté.
Dans un entretien accordé au New York Times le 15 janvier, il a également assuré qu’en cas de décision défavorable, son administration “commencerait dès le lendemain” à rétablir de nouveaux droits de douane “pour répondre aux problèmes identifiés par le président”.
Un remboursement ?
Selon plusieurs médias américains, l’invalidation des mesures existantes pourrait entraîner le remboursement de plusieurs centaines de milliards de dollars à l’échelle nationale, un scénario aux conséquences économiques considérables.
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Parallèlement, Donald Trump a récemment menacé d’imposer de nouveaux droits de douane, pouvant atteindre 25 %, à huit pays européens opposés à son projet d’acquisition du Groenland. Il vise notamment les États alliés ayant participé à des manœuvres militaires symboliques sur le territoire. Selon lui, huit pays européens, dont la France, jouent “à un jeu très dangereux” et auraient “pris un risque qui n’est ni tenable ni viable”.

