January 21, 2026

Manifestations agricoles : 58,5 % des commerçants déclarent une baisse de chiffre d’affaires à Auch

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Avec 58,5 % des commerçants déclarant une baisse de chiffre d’affaires et 70,8 % une chute de fréquentation, les blocages agricoles ont laissé des traces selon une enquête menée par Auch Evidemment. L’association tente de fédérer et de dynamiser les acteurs locaux.

En décembre dernier, les blocages liés aux manifestations agricoles ont plongé le commerce auscitain dans une crise profonde. Selon une enquête menée par l’association des commerçants Auch Évidemment en janvier 2026, 58,5 % des commerçants déclarent une baisse de chiffre d’affaires, dont 26,3 % subissent une perte supérieure à 30 %.

La fréquentation, quant à elle, a chuté pour 70,8 % des répondants, avec une baisse de 5 à 10 % pour la quasi-totalité d’entre eux. “C’est une enquête menée par une association, insiste Sophie Dupuy Lucas, coprésidente d’Auch Évidemment. Cela ne doit être lu que comme un indicateur.” Une soixantaine de questionnaires a été retournée par les entrepreneurs concernés.

Le centre-ville, épicentre de la crise

Selon les remontées de ces questionnaires, le cœur de la ville, où se concentrent 67,7 % des réponses, a été le plus affecté. Les secteurs du prêt-à-porter (32,3 %) et de l’alimentation (21,5 %), dominants dans le tissu local, ont payé cher, surtout les petites structures, majoritaires (40 % ont 1 à 5 salariés, 32,3 % n’ont aucun salarié). “Début décembre, la fréquentation était stable pour 31,8 % des commerçants, mais la situation s’est inversée”, observe la coprésidente.

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Les blocages ont commencé à ce moment-là. Dans les zones Grand Chêne et Engachies, 33,3 % des commerces ont perdu plus de 30 % de leur chiffre d’affaires. Le phénomène a épargné les zones de Carrefour et du Garros.

Sans surprise, les déviations et blocages ont découragé la clientèle extérieure, notamment celle venue de Condom, Vic ou Gimont. Certains commerçants évoquent un “cumul de difficultés” : inflation, baisse du pouvoir d’achat et instabilité politique. Avec la fin des blocages, les commerçants espèrent un rebond en janvier. Mais dans un contexte économique déjà fragile, la tâche s’annonce difficile.

Trouver des solutions

Les coprésidents de l’association ont annoncé leur intention de recontacter le préfet du Gers pour mettre en place une cellule d’aide avec la Banque de France, l’Urssaf et les services des impôts. “On veut éviter que les entreprises restent seules. Il faudrait créer un guichet unique pour orienter les commerçants en difficulté”, estime Jonathan Andurand, selon qui “la plus grosse difficulté, c’est la trésorerie”.

L’association espère obtenir des délais de paiement pour soulager les commerçants, sans pour autant s’attendre à des “cadeaux”.

La braderie renouvelée

L’association organisera une braderie les 11 et 12 septembre, après le franc succès de l’édition 2025. “Tout le monde était très content”, se félicite Sophie Dupuy Lucas. Les commerçants, les passants et la mairie ont salué l’initiative, et certains partenaires ont même proposé d’organiser plusieurs éditions par an.

L’association a identifié des points faibles lors de cette braderie 2025, comme une cassure sur le parcours marchand entre la rue Dupouy et le pont de la Treille, ou des problèmes de sonorisation. Pour les coprésidents, la difficulté reste de mobiliser les commerçants. « Nous sommes des locomotives, insiste Jonathan Andurand. Mais il faut des gens dans le train. »

L’assemblée générale de l’association, prévue le 17 février à partir de 19 h au garage Skoda, sera ouverte à tous les commerçants, artisans et professions libérales. “On va envoyer un mail de pré-invitation pour caler tout le monde”, annonce Sophie Dupuy. L’objectif : fédérer les acteurs locaux et trouver des solutions concrètes pour soutenir le commerce auscitain.

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