January 20, 2026

"Aucun éleveur ariégeois ne voulait y aller ": pourquoi ces habitués du Salon de l’Agriculture ont décidé de boycotter l’événement cette année

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Habituées de l’événement, la chapellerie Sire et la charcuterie Commenges figurent parmi les ambassadeurs de l’Ariège qui ont tous validé le boycott du Salon de l’Agriculture.

Une vingtaine d’ambassadeurs de l’Ariège, entreprises et producteurs du département, étaient réunis jeudi dernier, pour décider de leur participation au Salon de l’agriculture. Parmi eux, deux entreprises appaméennes : la chapellerie Sire et la charcuterie Commenges (1).

La première prend la route de la porte de Versailles depuis de nombreuses années et préparait l’événement depuis des semaines. La seconde aurait connu en février prochain sa troisième participation au Salon. Toutes deux, comme l’ensemble des ambassadeurs du département, se sont prononcées pour le boycott. Sans hésitation.

Un trop grand décalage

“Aucun éleveur ne souhaitait monter au salon de l’agriculture : ni les vaches, ni les chevaux… Aucun éleveur ariégeois ne voulait y aller. Certains avaient même fait part de leur décision avant la réunion. Nous avons discuté, et tous les ambassadeurs ont décidé de ne pas se rendre porte de Versailles”, relate Jacqueline Balança-Sire, aux commandes de la chapellerie Sire.

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“C’est habituellement, un moment festif. Bien entendu, on travaille, mais il y aurait eu un trop grand décalage avec ce qui s’est passé dans notre département, où tout a démarré, et se rendre là-haut et faire la fête. Ce décalage aurait été trop important”, ajoute-t-elle. La commerçante appaméenne se faisait une joie d’aller à Paris, un moment important de l’année, et s’était d’ailleurs organisée, notamment en termes de stock : “J’avais anticipé, j’y suis obligée”, ajoute-t-elle. “Mais je comprends tout à fait, et nous avons tous pensé la même chose. Ce n’était pas possible. C’est une question de solidarité”, conclut la commerçante appaméenne.

“Dans les bons et les mauvais moments”

Le boycott du salon, c’était une évidence, également, pour Marie Commenges, de la charcuterie familiale Commenges, installée zone de Pic. Le voyage était programmé, avec son frère Mathieu, et leurs conjoints, Anthony et Manon, depuis des semaines. Mais “le cœur n’y était pas”, explique-t-elle.

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“Nous ne sommes pas directement impactés par cette crise, dans notre activité, mais c’est une situation qui nous a marqués. Nous nous sommes mis à la place des personnes directement concernées, que nous croisons souvent, dans notre métier. Nous avons participé au Salon ces deux dernières années, c’était une formidable expérience. Ce que nous avons ressenti, là-bas, c’est un véritable élan de solidarité entre les différents professionnels, parmi les exposants. Cette solidarité, on la ressent là-bas, elle doit aussi exister ici, dans les bons et dans les mauvais moments”, conclut Marie Commenges.

(1) Cette année, le lycée agricole ne participait pas à l’événement, pour des raisons pratiques, une décision prise depuis des mois, avant la crise de la dermatose nodulaire contagieuse.

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