EXCLUSIF. Après des semaines de négociations, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, propose un soutien public pour tenter de sauver Fibre Excellence : 150 millions d’euros sont mis sur la table. Mais l’État pose ses conditions et appelle l’actionnaire à “prendre ses responsabilités”.
La décision de l’État était attendue à Saint-Gaudens comme à Tarascon (Bouches-du-Rhône). Alors que le spectre d’une liquidation plane toujours sur Fibre Excellence, le gouvernement met sur la table un engagement financier d’ampleur pour tenter d’éviter l’effondrement du dernier producteur français de pâte à papier marchande.
“L’État est prêt à mettre 150 millions d’euros sur la table pour trouver une solution”, annonce le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin dans un entretien exclusif.
Le plan présenté par le ministre repose sur deux volets de 75 millions d’euros chacun. Le premier concerne l’intégration du site de Saint-Gaudens dans le système des quotas carbone et prévoit “l’abandon des intérêts et l’étalement sur dix ans des dettes publiques et sociales de Fibre Excellence”. Un allègement significatif de la pression financière à court terme pour la trésorerie du groupe, déjà soutenu ces dernières semaines par des reports de cotisations sociales et fiscales.
Le second volet, d’un montant équivalent, prend la forme d’une garantie d’État couvrant 50 % du plan d’investissement industriel. Concrètement, l’État accepte de partager le risque industriel pour accompagner la modernisation des sites.
Pas de concession sur l’électricité
En revanche, le levier énergétique, au cœur des revendications locales, ne sera pas activé dans l’immédiat. “C’est un sujet très compliqué parce qu’il y a un contrat qui est garanti pour plusieurs années et qu’on n’abandonne pas un contrat comme ça.”
L’exécutif attend désormais un geste clair de l’actionnaire indonésien. “L’État met cette offre sur la table et on verra si l’actionnaire souhaite vraiment se positionner sur le long terme dans ces usines. Maintenant, c’est aussi à lui de faire un geste. On ne peut pas simplement toujours tout demander à l’État”, souligne le ministre.
Il y a dix jours, le propriétaire du producteur de pâte à papier avait annoncé l’octroi d’une avance de 9 millions d’euros, destinée à répondre aux contraintes de trésorerie à court terme. Fibre Excellence reste par ailleurs accompagnée par le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), qui suit de près l’évolution de la situation. Une nouvelle réunion est prévue le 26 février, destinée à faire le point sur les négociations avec l’actionnaire et sur la mise en œuvre des mesures annoncées par l’État.
Depuis plusieurs semaines, la mobilisation locale est soutenue. Aujourd’hui, une étape a été franchie, mais le sort des deux usines n’est pas encore fixé.

