Patrick Balkany, malgré son inéligibilité, reste une figure influente à Levallois-Perret. Condamné à quatre ans et demi de prison, il continue de manœuvrer en coulisses pour les prochaines élections municipales.
Levallois-Perret, chevillé au corps. Malgré tous les ennuis judiciaires qui l’entourent et ses problèmes de santé, Patrick Balkany continue de peser de tout son poids en vue des prochaines élections municipales qui auront lieu les 15 et 22 mars prochains. Celui qui a régné sur l’Hôtel de Ville durant plus de trois décennies (1983-1995, 2001-2020) continue d’orchestrer sa survie politique.
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S’il ne peut pas se présenter à l’Hôtel de Ville en raison de son inéligibilité, l’homme de 77 ans oriente les débats, dirige ses troupes et ne ménage pas ses critiques envers les opposants qui entravent sa marche.
Liberté conditionnelle et inéligibilité
Avec Patrick Balkany, rien n’est jamais simple et un rappel du contexte s’impose pour saisir les enjeux de ce scrutin. Depuis 2019, les procédures judiciaires à son encontre se multiplient. Dernier épisode en date, ce mercredi 14 janvier : la justice a accordé une liberté conditionnelle à l’ancien député Les Républicains. L’ancien maire de Levallois-Perret pourra purger le reliquat de sa peine – à savoir 18 mois de prison – à son domicile de Giverny, dans l’Eure.
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Pourtant, l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) a ordonné au couple Balkany de quitter son moulin il y a quelques mois. Le parquet d’Évreux a donc décidé de faire appel. Le septuagénaire avait été condamné en 2023 à quatre ans et demi de prison pour avoir dissimulé au fisc, avec son épouse Isabelle, près de 13 millions d’euros d’avoirs entre 2007 et 2014. Reconnu coupable, il s’était vu infliger une amende de 100 000 euros et une peine d’inéligibilité de dix ans.
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“Il avait des casseroles”
Malgré l’appel du parquet d’Évreux, Patrick Balkany doit se réjouir. Car cette décision provisoire lui permet de pouvoir continuer de faire campagne dans le cadre des prochaines élections municipales, malgré son inéligibilité. Celle-ci a été confirmée par la justice, qui a refusé, pour la deuxième fois en novembre dernier, la demande de relèvement de cette peine. Malgré cet échec, l’ex-élu a multiplié les déambulations sur les marchés locaux ces dernières semaines, rapporte Le Parisien.
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À ses côtés, Jérôme Gauliard, candidat divers droite, désigné héritier du baron de Levallois et tête de liste de “Génération Balkany”. Mais l’idylle entre les deux hommes s’est terminée ce dimanche 11 janvier, mettant fin à une alliance de circonstance qui n’aura duré que deux mois. “Il a commencé à exclure un à un les gens qui travaillent avec moi […] Il avait des casseroles et des dettes partout, je ne pouvais pas continuer à le soutenir”, a justifié l’ancien maire aux six mandats, auprès du Parisien. La décision n’est visiblement pas commune puisque Jérôme Gauliard a annoncé vouloir maintenir sa présence au scrutin.
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Scénario similaire à 2020
Ce n’est pas la première fois que Patrick Balkany change son fusil d’épaule au dernier moment. En 2020, il avait placé en tête de liste de la majorité sortante son ancienne directrice de cabinet Agnès Pottier-Dumas (LR) avant de lui retirer son soutien. Cette dernière a récemment été très critiquée par son ancien mentor qui rêve de la faire tomber : “J’ai vraiment honte de vous avoir demandé de me succéder”, a-t-il notamment écrit dans un message posté sur Facebook.
Toujours est-il que, pour reprendre la main sur Levallois-Perret, l’ancien maire compte désormais sur Mounia Inoughi, nouvelle tête de liste, qui s’ajoute à de très nombreuses candidatures. Cette substitution de dernière minute ne surprend qu’à moitié. Car celui qui tire les ficelles, c’est bien l’homme de 77 ans et personne n’est dupe : au sein de “Génération Balkany”, il y a surtout “Balkany” et l’emprise de l’ancien député LR est sans équivalent.

