January 20, 2026

"C’est un symbole et un message d’espoir" : le département du Lot compte acquérir la tapisserie "Liberté" de Jean Lurçat

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La tapisserie “Liberté” de Jean Lurçat, symbole de résistance, pourrait bientôt rejoindre l’atelier-musée Jean Lurçat. Le département du Lot envisage d’acquérir cette œuvre historique pour 40 000 euros, renforçant ainsi son patrimoine culturel.

“Des tons ocre se détachent et au centre, deux astres tels une éclipse renversée se dessinent”, détaille Catherine Prunet, lors du conseil départemental du Lot, ce lundi 19 janvier. Ce dont elle parle ? La tapisserie “Liberté”, de Jean Lurçat, réalisée en 1943 sous l’occupation allemande.

Elle reprend son discours, détaillant point par point l’œuvre : “Deux strophes du poème “Liberté” de Paul Éluard ornent les coins de l’œuvre et, au centre, surgit le mot liberté. Ce poème est devenu un véritable symbole de la Résistance.” Tout comme l’œuvre de Jean Lurçat, qui devrait, d’ici peu, trouver sa place dans l’atelier-musée Jean Lurçat, situé à Saint-Laurent-les-Tours.

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L’œuvre "Liberté" de Jean Lurçat devrait prochainement prendre place dans l’atelier musée au nom de l’artiste.
L’œuvre “Liberté” de Jean Lurçat devrait prochainement prendre place dans l’atelier musée au nom de l’artiste.
DDM – Juliette Rigaud

“C’est une œuvre à l’iconographie solaire”

Cette tapisserie, qui appartient pour le moment à la galerie Chevalier, est proposée à la vente au prix de 40 000 euros. Ce lundi 19 janvier au matin, les conseillers départementaux ont statué sur l’acquisition, qui comprendrait un financement à hauteur de 20 000 euros de la part de la collectivité. Pour la somme manquante, un appel public pour une souscription, aidé par l’association des Amis de Jean Lurçat, à Saint-Céré devrait être relayé.

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Et la vice-présidente en charge de la culture ne manque pas d’arguments pour appuyer cet achat. “Les archives de la fondation Lurçat de Paris ont identifié cette tapisserie comme la deuxième d’une série de cinq. Celle-ci serait antérieure à celle détenue par le centre Pompidou”, argue Catherine Prunet. Mais, pour les élus de la collectivité, le choix est vite fait.

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L’œuvre pourrait être exposée à l’atelier Jean Lurçat pendant deux ans, entre janvier 2026 et décembre 2027. “Ce dépôt serait particulièrement bienvenu dans le cadre des soixante ans de la disparition de Jean Lurçat”, insiste-t-elle. Elle pourrait également, selon elle, servir aux élèves passant l’épreuve d’histoire de l’art. Acquérir cette œuvre mêlerait donc un objectif pédagogique et un objectif mémoriel.

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“C’est une œuvre à l’iconographie solaire et c’est un symbole et un message d’espoir. Et pour terminer la présentation de ce rapport je formule ici le vœu que ces mots d’Éluard, tissés aux coins de la tapisserie, résonnent par-delà nos frontières en soutien au peuple qui réclame leur liberté”, souligne-t-elle en prenant l’exemple du peuple iranien. “Sur la mousse des nuages, sur les sueurs de l’orage, sur la pluie épaisse et fade, j’écris ton nom” : ces quelques mots apposés en 1942, semblent pour Catherine Prunet, résonner encore aujourd’hui.

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