Des urgentistes de la Croix-Rouge, à Adamuz (Espagne), le 19 janvier 2025, après une collision entre deux trains à grande vitesse. JORGE GUERRERO / AFP
La collision entre deux trains à grande vitesse, dimanche 18 janvier au soir, en Andalousie dans le sud de l’Espagne, a fait au moins 41 morts, selon un nouveau bilan provisoire donné mardi matin par les autorités de la région d’Andalousie et le ministre des Transports. Le ministre des Transports Oscar Puente avait averti sur X que « le nombre de décès [n’était] pas définitif dans cette catastrophe survenue dimanche à 19h45 près d’Adamuz, à environ 200 km au nord de la grande ville de Malaga. Voici ce que l’on sait.
• Des wagons qui déraillent
Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a souligné sur le réseau social X que « le choc a été terrible ». Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d’une foule de personnes et d’ambulances, tandis que les services d’urgence s’efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés. Selon le ministre, « les derniers wagons d’un train » de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, « ont déraillé » près d’Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train de la compagnie nationale Renfe qui circulait dans le sens inverse sur une voie adjacente en direction de Huelva.
La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu’il a « projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails », a-t-il poursuivi, expliquant que « la priorité » pour le moment était « de porter secours aux victimes ».
Selon Iryo, la rame avait à son bord près de 300 voyageurs et sa dernière révision avait eu lieu jeudi dernier.
« On se croirait dans un film d’horreur », a raconté, à la chaîne La Sexta, Lucas Meriako, un passager qui se trouvait à bord du train Iryo. « Il y a eu un choc très violent à l’arrière et l’impression que tout le train allait se disloquer (…) De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre », a-t-il dit. C’est comme si « un tremblement de terre » avait secoué le wagon, a témoigné de son côté un journaliste de la radio publique RNE qui voyageait dans l’un des deux trains, à la télévision publique TVE.
• Un accident « extrêmement étrange »
« Comment est-il possible que sur une ligne droite, sur un tronçon de voie rénové, avec un train quasiment neuf, un événement de cette nature puisse se produire ? », s’est interrogé dans la nuit Oscar Puente. « Tous les experts en matière ferroviaire (…) sont très surpris par cet accident », a-t-il ajouté.
« L’erreur humaine est pratiquement écartée », a aussi assuré le président de la Renfe sur la radio publique RNE, Álvaro Fernández Heredia, parlant lui aussi de « circonstances étranges ». Une commission chargée d’enquêter sur les accidents est déjà sur place en train de recueillir des preuves, a-t-il précisé.
• Au moins 41 morts
Au moins 41 personnes sont mortes, selon un nouveau bilan provisoire donné mardi matin par les autorités de la région d’Andalousie et le ministre des Transports.
« Le bilan des personnes décédées est passé à 41, après la récupération, hier (lundi) soir, du corps sans vie d’une personne dans l’un des wagons du train Iryo », a indiqué le gouvernement régional andalou dans un communiqué, précisant que 39 personnes, dont quatre enfants, restaient « hospitalisées ».
Le ministre des Transports, Oscar Puente, a confirmé le chiffre de 41 décès recensés à ce stade, dans un entretien à la radio espagnole Onda Cero.
• Une nuit de « profonde douleur », selon Pedro Sanchez
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a évoqué « une nuit de profonde douleur » après « le tragique accident ferroviaire ». Il a par ailleurs annulé tous ses rendez-vous lundi pour se rendre sur place, a annoncé son cabinet.
« Nous allons découvrir la vérité », a asséné le chef du gouvernement espagnol, promettant « une transparence et une clarté absolues ». Il a par ailleurs décrété trois jours de deuil national, « à partir de minuit aujourd’hui, qui durera jusqu’à jeudi », lors d’une brève allocution prononcée à Adamuz.
De son côté, la famille royale espagnole a fait part dans un communiqué de sa « grande inquiétude » à la suite de ce « grave accident ».
« Une tragédie ferroviaire frappe l’Andalousie. Pensées pour les victimes, leurs familles et l’ensemble du peuple espagnol. La France se tient à vos côtés », a réagi Emmanuel Macron sur X dans la nuit de dimanche à lundi. Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est lui dit « bouleversé ».
• Des équipes de soutien déployées
Dans la grande gare madrilène d’Atocha, des « équipes de soutien vont être déployées pour accompagner les familles » des personnes touchées, a annoncé la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso. Face à la situation, « le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva [des villes dans le sud de l’Espagne, NDLR] sera interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier », a, par ailleurs, indiqué sur X le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).
L’accident en Andalousie est pour l’heure le sixième accident de train le plus meurtrier sur le continent européen au XXIᵉ siècle, le dernier en date ayant tué 57 personnes en 2023 en Grèce.
En juillet 2013, l’Espagne avait déjà été meurtrie par un déraillement de train peu avant son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest), tuant 80 personnes.

