Un Beaumontois de 53 ans était jugé mardi 13 janvier 2026 devant le tribunal judiciaire de Montauban pour harcèlement à l’encontre de sa voisine, policière municipale à Beaumont-de-Lomagne. Poursuivi pour l’envoi massif de courriels injurieux, il a quitté l’audience avant l’examen de son dossier. Le tribunal l’a finalement relaxé, considérant que les faits relevaient davantage de l’outrage.
Lunettes noires sur le nez, masque chirurgical vissé sur le visage, Franck H., 53 ans, Beaumontois n’a pas eu la patience d’attendre son tour. Mardi 13 janvier 2026, au tribunal judiciaire de Montauban, le quinquagénaire quitte la salle avant même que son dossier ne soit examiné.
Un départ précipité, à l’image d’un prévenu qui ne fait rien comme les autres. Condamné à huit reprises entre 2009 et 2024, Franck s’est aussi signalé auprès du parquet par une avalanche de courriels adressés directement au procureur. C’est dans ce même registre, qualifié de harcèlement, qu’il comparaissait cette fois-ci.
Une voisine devenue cible
En ligne de mire : sa voisine, policière municipale à Beaumont-de-Lomagne. Une femme à bout, visée depuis des mois par des messages injurieux et par des documents collés sur la façade de son domicile. La pression est telle qu’elle s’est vue délivrer deux jours d’incapacité totale de travail.
À l’origine de cette obsession, un contentieux d’héritage et le vol d’un fourgon. Franck en est persuadé : la brigadière-chef serait “la complice” de celui qui lui aurait dérobé son véhicule. Dans ses messages, les qualificatifs pleuvent : “mafieuse”, “membre d’une milice”, “incompétente”. Des propos diffusés sans filtre, y compris sur les réseaux sociaux.
Une avalanche de courriels
Le harcèlement est massif. Rien qu’en 2024, la police municipale de Beaumont-de-Lomagne a recensé 73 courriels. “Il inonde aussi la mairie, le tribunal judiciaire”, précise la présidente Emmanuelle Yvert, en s’appuyant sur l’expertise psychiatrique du prévenu. Le praticien y décrit un fonctionnement “paranoïaque”, une incapacité à se remettre en cause, une altération du discernement et la nécessité de soins sous contrainte.
“À la lecture de cette expertise, il ne faut pas attendre d’explications claires comme durant sa garde à vue”, avertit la vice-procureure Alice Gardair. Le prévenu n’étant plus éligible au sursis, elle requiert 120 jours-amendes à 8 euros, assortis d’une interdiction de contact avec la victime.
Une relaxe sans requalification
En défense, Me Mattar regrette l’absence de son client, parti sans s’expliquer. Il décrit un homme qui “idéalise la justice” et rappelle sa situation de grande précarité, Franck vivant du RSA.
Sans motivation orale, le tribunal tranche finalement en faveur d’une relaxe pour les faits de harcèlement. Les magistrats estiment que les courriels injurieux relèvent davantage de l’outrage. Une requalification possible, mais que la juridiction n’a pas retenue.

