À l’occasion de l’assemblée générale de la Fdsea 47, les responsables agricoles ont dressé un état des lieux contrasté de l’agriculture lot-et-garonnaise. Entre filières en difficulté, incertitudes économiques et atouts territoriaux, les perspectives à l’horizon 2035 interrogent.
Quel avenir pour l’agriculture lot-et-garonnaise ? La question était au cœur de l’assemblée générale de la FDSEA 47, ce jeudi 3 mars. Pour alimenter la réflexion, l’économiste Bertrand Dumas est venu analyser les tendances économiques du secteur.
Son diagnostic met en lumière une situation très contrastée selon les filières, entre difficultés conjoncturelles et perspectives de développement.
Des grandes cultures en difficulté
Pour les céréales et les oléoprotéagineux, la période reste particulièrement compliquée. “On estime quasiment qu’on va avoir une troisième année de revenus pas très loin de zéro”, alerte Bertrand Dumas.
Selon lui, ces systèmes de production, très présents dans le département, subissent une conjoncture défavorable depuis plusieurs années. Les prix restent sous pression alors que les coûts de production demeurent élevés. “C’est une troisième année extrêmement difficile pour ce type de production”, souligne l’économiste.
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Les perspectives à court terme ne sont pas non plus très rassurantes. “Les fondamentaux de marché qu’on connaissait n’annonçaient déjà pas de très bons prix”, explique-t-il, évoquant aussi les incertitudes liées au commerce international.
Le poids croissant du climat
À ces difficultés économiques s’ajoute un autre facteur majeur : le climat. Selon Bertrand Dumas, le Lot-et-Garonne est de plus en plus exposé aux aléas météorologiques. “Il n’y a pas une année où on n’a pas un souci”, observe-t-il, citant successivement le gel tardif, la grêle ou encore les déficits en eau.
Ces phénomènes ont déjà des conséquences sur les rendements. L’économiste note par exemple qu’en blé, le rendement moyen départemental serait passé d’environ 62 quintaux par hectare en 2015 à près de 54 aujourd’hui.
Des filières qui tirent leur épingle du jeu
Toutes les productions ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. Dans la filière bovin viande, la tendance est plutôt favorable. “On a eu des hausses de prix extrêmement nettes en 2025, on n’avait jamais vu ça”, souligne Bertrand Dumas. Dans l’arboriculture, les prix restent globalement “à peu près tenus”, même si certaines productions comme la pomme ont subi davantage de pression.
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Malgré ces difficultés, l’économiste estime que le département possède de solides atouts. Il met notamment en avant la diversification des productions agricoles. “Le Lot-et-Garonne est engagé sur des productions qui ont plutôt le vent en poupe”, affirme-t-il, citant les fruits, les légumes ou encore les protéines végétales.
Des exploitations sous tension financière
Sur le terrain, les agriculteurs restent toutefois très fragilisés économiquement. “Aujourd’hui, 75 % des agriculteurs sont en difficulté de trésorerie”, affirme Alain Briffeille, président de la FDSEA 47. Selon lui, les données issues des centres de gestion montrent également qu’”environ 25 % d’entre eux pourraient avoir du mal à s’en relever”.
Face à cette situation, il appelle l’État à agir. Le responsable syndical plaide notamment pour des prêts garantis afin d’aider les exploitations les plus fragiles. “On fait ça ou on laisse se casser la figure une partie de l’agriculture”, prévient-il.
Miser sur les atouts du territoire
Malgré ces inquiétudes, les intervenants veulent aussi mettre en avant les potentialités du territoire. Le département dispose selon eux de nombreux atouts : diversité des productions, savoir-faire agricole et ressources en eau. “Vous avez de l’or dans les mains”, résume Alain Briffeille en évoquant les analyses présentées lors de la rencontre.
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Pour Bertrand Dumas, l’avenir passera notamment par l’adaptation au changement climatique et par la sécurisation de l’accès à l’eau. “Si on est capable de garantir des rendements et de s’adapter, il y a de réelles opportunités pour le département”, estime-t-il.
chaines années seront déterminantes pour l’agriculture lot-et-garonnaise.

