Les frais bancaires s’apprêtent à augmenter en France. À compter du 1er février, les clients devront faire face à une hausse moyenne de 3 %. Une évolution que les banques ne justifient pas par l’inflation…
Mauvaise nouvelle pour votre portefeuille. Selon l’enquête annuelle réalisée par l’association nationale de consommateurs et usagers, la CLCV, les frais bancaires s’apprêtent à bondir. Le constat est sans appel puisque la quasi-totalité des établissements de l’Hexagone et des territoires d’Outre-mer prévoit d’ajuster ses grilles tarifaires dès le 1er février. En moyenne, les clients doivent s’attendre à une hausse globale de 3 %.
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Sur quoi les clients vont-ils payer davantage ?
Pour établir ce palmarès 2026, la CLCV a passé au crible les tarifs qui entreront en vigueur le 1er février par rapport à ceux appliqués au 1er février 2025 dans 107 banques de métropole et d’outre-mer. “Si les résultats montrent une hausse du coût moyen de nos paniers de services d’environ 3 %, c’est l’envolée des frais de tenue de compte qui pèse le plus lourd”, détaille à la Dépêche du Midi Ibtissam Mozher, économiste à la CLCV et coautrice de l’enquête.
Désormais facturés par la quasi-totalité des établissements, ils affichent une progression moyenne de 6,39 %. La gratuité inconditionnelle, autrefois courante, devient un phénomène marginal. Le reste du podium est occupé par les cartes bancaires, dont les tarifs grimpent de 2,07 % à 2,29 % selon les modèles, suivies par les frais liés aux retraits dans les distributeurs de banques concurrentes. L’enquête note également que des opérations plus spécifiques, à l’image du transfert d’un Plan d’Épargne Logement, ne sont pas épargnées par ce mouvement de hausse.
Comment les banques expliquent-elles ces hausses ?
En réponse à ce rapport de la CLCV, les banques justifient ces révisions tarifaires par la modernisation constante de leurs outils numériques. Les établissements assurent investir massivement dans le développement des virements instantanés et le déploiement de conseils dématérialisés. Selon les banques, ces innovations technologiques imposent des investissements lourds qui finissent par se répercuter sur la facture des clients.
Par ailleurs, la cybersécurité constitue l’autre grand chantier des groupes bancaires. Face à la multiplication des services en ligne et des risques de fraude, le renforcement de la surveillance est devenu une priorité absolue. Ce défi sécuritaire nécessite, lui aussi, des moyens financiers conséquents que les banques disent devoir mobiliser pour protéger les comptes de leurs usagers.
Toutes les banques sont-elles concernées par ces hausses ?
L’enquête révèle des écarts de tarification importants d’un établissement à l’autre : “Au sein de notre panel, les frais de tenue de compte annuels varient par exemple de 0 € au Crédit Coopératif et au Crédit Agricole Normandie Seine à 40 € au LCL pour les clients qui n’y domicilient pas leurs revenus” peut-on lire sur le rapport.
Si ces différences se retrouvent aussi dans les hausses de tarifs, celles-ci ne dépendent toutefois pas uniquement de la banque choisie, mais également du profil de l’usager. Pour affiner son analyse, la CLCV a défini trois catégories de clients, notamment selon le nombre de titulaires du compte, de la domiciliation des revenus ainsi que de la quantité et de la nature des options souscrites.
“Les hausses ne sont pas uniformes : toutes les banques n’augmentent pas au même pourcentage. Mais il n’y a pas une banque qui augmente systématiquement plus que les autres. Chaque établissement ajuste ses tarifs à des postes différents et de manière différente. Au final, tout dépend du profil du client”, explique la coautrice de l’enquête.
Ainsi, l’analyse détaillée montre que, pour le “petit consommateur”, le coût moyen progresse de 2,98 %, une hausse qui concerne les clients de 73 établissements sur 91. La situation est plus marquée encore pour le “consommateur moyen” avec une envolée de 3,77 %. Dans cette catégorie, ce sont les usagers de 80 banques sur 91 qui verront leurs frais grimper. Enfin, les “gros consommateurs” subissent une augmentation de 3,04 %, un alourdissement constaté dans 76 établissements de l’échantillon.

