January 18, 2026

"On se contente de réparer plutôt que d’anticiper" : le cri d’alarme sur l’état des infrastructures françaises

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Ponts, routes, ports, réseaux de distribution d’énergie et d’eau… Les infrastructures sont visibles partout et sont indispensables dans nos sociétés. Face à la multiplication des aléas climatiques, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) alerte sur la vulnérabilité des infrastructures françaises.

Dans un avis communiqué ce mardi 13 janvier, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a émis une alerte concernant la vulnérabilité des infrastructures françaises face aux bouleversements climatiques.

Alors que la fréquence et l’intensité des catastrophes augmentent, le conseil fustige un laxisme laissant s’accumuler une “dette grise” du retard des rénovations, rapporte Le Monde.

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Des dommages toujours plus coûteux

Les conséquences sont concrètes. En 2022, les retards de train de la SNCF pour cause de fortes chaleurs se sont cumulés sur au moins 63 000 minutes, soit 44 jours. Ils peuvent aussi se retrouver accentué par des chutes d’arbres lors de tempête ou de sécheresse. Les canicules ou les inondations endommagent les câbles électriques, tandis que la baisse des débits des rivières et la température élevée de l’eau risquent de réduire la production des centrales nucléaires. En 2022, la production hydroélectrique a été de 20 % inférieure à la moyenne sur la période 2015-2019.

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La Commission européenne estime, par exemple, que le coût des dommages liés aux aléas climatiques sur les infrastructures de transport sera multiplié par trois au cours de la décennie, et par six d’ici à 2050.

“La France est très en retard sur l’entretien et la modernisation de ses infrastructures. Ce que les professionnels du secteur appellent la “dette grise” est un nuage au-dessus de nos têtes qui menace à tout moment des ruptures dans nos infrastructures.”, a déclaré auprès de nos confrères le président de la commission Territoires, agriculture et alimentation, Henri Biès-Péré.

Les solutions

La France a décidé d’un plan national d’adaptation au changement climatique. Mais le CESE affirme, après une trentaine d’auditions d’experts, que l’effort reste insuffisant par rapport aux besoins. “Tout le monde a bien pris conscience du réchauffement, mais on se contente de réparer plutôt que d’anticiper”, avertit Didier Gardinal, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Midi-Pyrénées et Trésorier de CCI France. D’après les conclusions du conseil, jusqu’à 4,5 milliards d’investissements supplémentaires seraient nécessaires chaque année d’ici 2050.

Le CESE défend une politique d’investissement “systémique” dans les infrastructures et rappelle que le coût de l’inaction est supérieur à celui de l’action. Pour répondre avec efficacité à ce problème, il recommande par ailleurs de cartographier les infrastructures françaises (le nombre précis de ponts n’est pas connu en France) et leur exposition aux risques climatiques. Pour justifier la nécessité de ces efforts, Thierry Beaudet, le président du CESE, explique que “l’adaptation de nos infrastructures constitue un formidable levier de développement économique et d’emploi. Transformer cette contrainte climatique en opportunité industrielle et en création d’emplois durables, c’est aussi l’ambition portée par cet avis.”

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