January 12, 2026

Incendie sur le barrage de l’A64 : Jérôme Bayle dénonce un acte malveillant, "on s’est déjà fait couper des câbles ou voler"

l’essentiel
Un incendie a ravagé le barrage des Ultras de l’A64, perturbant le trafic. Les manifestants, surpris, dénoncent un acte nuisible à leur image. Malgré cet incident, leur détermination reste intacte pour défendre la cause agricole.

Un incendie s’est déclenché dans la nuit de dimanche à lundi sur le barrage tenu par les Ultras de l’A64. Il était environ 2 h 30 lorsque le feu a pris dans un mur de ballots de paille installé sur le terre-plein central. À ce moment-là, plusieurs manifestants, parmi les compagnons de route, dormaient sur place ou à proximité.

“On était déjà couchés quand on a su que ça avait pris feu. Un pompier nous a appelés, on est arrivés de suite “, raconte un Ultra de l’A64, reconnaissable à son bonnet bleu. Selon lui, la situation a surpris tout le monde. “En arriver là, c’est difficile à concevoir. On se mobilise pour le futur de la profession et ça ne plaît pas à certains.”

Un autre manifestant évoque l’origine du sinistre, sans accuser. “Quelqu’un y a mis le feu”, avance-t-il prudemment. Les Ultras rappellent leur ligne de conduite. “On veut être un mouvement sans dégradation. Là, ça a encore plus compliqué la circulation.”

“Ça nuit à notre image”

Les conséquences sur le trafic ont été rapides. “La déviation ne durait même pas dix minutes. Avec le feu, ça l’a rallongée”, regrette un autre bonnet bleu. Craignant d’être mis en cause, les manifestants ont tenté de limiter les dégâts. “Avec un télescopique, on a déplacé les ballots de paille sur le côté pour protéger la route. On ne veut pas qu’on nous reproche de l’avoir dégradée.”

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Pour certains, cet épisode marque un cap. “C’est un peu notre quotidien de se faire embêter parce qu’on manifeste. On s’est déjà fait couper des câbles électriques ou voler du matériel. Mais le feu, c’est une première. S’attaquer directement au barrage, c’est autre chose”, confie un Ultra. Un autre ajoute : “Je suis là depuis un mois avec l’espoir que cette mobilisation fasse changer les choses. Mais ce genre de comportement nuit à notre image et ne nous aide pas.”

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Une mobilisation maintenue malgré tout

Le leader du mouvement, Jérôme Bayle, condamne l’incendie, tout en appelant à la prudence. “Ce n’est pas malin d’avoir mis le feu. Celui qui a fait ça a voulu nous nuire. Mais au final, ça a galvanisé notre détermination”, assure-t-il. Il estime que l’origine pourrait être volontaire, sans certitude. “Ça peut être une personne lambda excédée par le blocage, ou quelqu’un issu d’un autre mouvement agricole qui n’aime pas notre manière de faire.”

Un mur de paille en feu sur le barrage.
Un mur de paille en feu sur le barrage.
DDM – LAURENT DARD

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Alors que le barrage entrait dans son 31e jour, l’événement laisse un goût amer. “On aurait préféré fêter le cap du premier mois de mobilisation avec des bougies. On n’aurait jamais cru passer autant de temps sur l’autoroute”, confie Jérôme Bayle. Il évoque une “non-réponse de l’État”, malgré des réunions avec la Région. “Tant que le monde agricole est en danger, on ne partira pas.”

Un incendie long à éteindre.
Un incendie long à éteindre.
DDM – LAURENT DARD

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Une enquête de gendarmerie a été ouverte afin d’identifier le ou les responsables de cet incendie. Malgré cet épisode, les Ultras de l’A64 assurent vouloir poursuivre la mobilisation, sans dégradation, et espèrent une convergence future avec d’autres mouvements agricoles.

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