March 5, 2026

Présidentielle 2027 : en tête dans chaque scénario, Jordan Bardella creuse l’écart au premier tour selon ce sondage

l’essentiel
À plus d’un an du scrutin présidentiel de 2027, dans toutes les configurations envisagées par ce sondage de l’Ifop, le Rassemblement national arrive en tête au premier tour, tandis que le bloc central et la gauche peinent, à ce stade, à faire émerger un candidat capable de se qualifier pour le second tour.

À quinze mois de l’échéance, la présidentielle de 2027 s’installe déjà au centre du jeu politique, avec l’annonce prématurée de certaines candidatures. Un sondage réalisé par Ifop pour Sud Radio et Le Figaro les 26 et 27 février a testé dix configurations de premier tour. Dans chacune d’elles, le Rassemblement national arrive en tête. Selon les hypothèses, Jordan Bardella est crédité de 36 à 38 % des intentions de vote, tandis que Marine Le Pen recueillerait entre 34 et 35 %.

“Jamais le RN n’a eu un tel score à un an de la présidentielle”, souligne le directeur général Opinion de l’Ifop, Frédéric Dabi. Les meilleurs scores du parti sont observés face à un candidat unique du “socle commun”, alliance hypothétique entre le bloc central et la droite, ou face à des candidatures distinctes issues du camp présidentiel, comme celles de Gérald Darmanin ou de Sébastien Lecornu.

Dans ce contexte, la présence du RN au second tour apparaît, à ce stade, plus que probable. L’enjeu principal se situe donc dans la désignation de son adversaire. La dispersion des candidatures et les fragilités internes à chaque camp abaissent mécaniquement le seuil de qualification.

Éclatement du bloc central

Au sein du bloc central, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe obtient les intentions de vote les plus élevées, autour de 16 %, devant Gabriel Attal (10 à 11 %), Gérald Darmanin (8 %) et Sébastien Lecornu (6 %). Dans l’hypothèse où il incarnerait un “socle commun” rassemblant centre et droite, Édouard Philippe atteindrait 23 %, mais resterait à quatorze points de Jordan Bardella. Sa candidature demeure toutefois conditionnée à sa réélection municipale au Havre, comme il l’a lui-même indiqué. En cas de retrait, les perspectives du camp présidentiel se réduiraient sensiblement.

Gabriel Attal pourrait alors se retrouver relégué en quatrième ou cinquième position. Une autre option consisterait à soutenir le président des Républicains, Bruno Retailleau, crédité de 17 % s’il parvenait à fédérer la droite et le centre. En revanche, face à un candidat centriste, il plafonnerait entre 10 et 13 %, ses meilleurs résultats étant enregistrés face à Gérald Darmanin ou Sébastien Lecornu.

Aucun scénario favorable pour la gauche

À gauche, les projections ne font apparaître aucun scénario favorable. “Il n’y a pas une hypothèse où la gauche est clairement au second tour”, note Frédéric Dabi. L’ensemble des candidatures testées ne dépasse pas 30 % des voix cumulées. La division entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann structure le paysage. Tous deux sont mesurés entre 10 et 13 %, selon les configurations. Seule l’hypothèse d’un large rassemblement du “socle commun” autour de Bruno Retailleau placerait Raphaël Glucksmann aux portes du second tour, avec 16 %, soit quatre points devant Jean-Luc Mélenchon.

Dans le reste de l’espace de gauche, François Hollande est crédité de 8 %, Olivier Faure de 5 %. Marine Tondelier recueille entre 4 et 5 %, tandis que Fabien Roussel oscille entre 2 et 3 %. L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin est mesuré entre 3,5 % et 5 %. Concernant Jean-Luc Mélenchon, ses prises de position récentes ont beau “solidifier son socle”, il “reflue légèrement, ne rassemblant même pas la moitié de son électorat de 2022”, explique Frédéric Dabi.

Toutefois, l’institut n’a pas testé de scénarios de second tour. Selon Frédéric Dabi, Jordan Bardella serait “moins le favori qu’aux premiers tours envisagés”. Il pourrait toutefois bénéficier de reports de voix en provenance d’Éric Zemmour, crédité de 3 à 5 %, et de Nicolas Dupont-Aignan, estimé entre 2 et 3,5 %.

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