January 18, 2026

Accord du Mercosur signé, après 25 ans de négociations : que va-t-il se passer maintenant ?

l’essentiel
Malgré les réserves exprimées par les filières agricoles de plusieurs États européens et l’opposition assumée de certains chefs d’État comme Emmanuel Macron, L’UE et le Mercosur ont officiellement conclu leur accord ce samedi 17 janvier au Paraguay. Il ne reste maintenant que quelques étapes avant sa mise en œuvre.

Après vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne et le Mercosur ont officiellement conclu, ce samedi 17 janvier à Asuncion au Paraguay, un accord commercial instaurant l’une des plus importantes zones de libre-échange du monde, malgré les réserves exprimées par les filières agricoles de plusieurs États européens.

Prévoyant une suppression de 90 % des barrières douanières existantes, cette décision a effectivement suscité l’indignation du monde agricole français qui fustige une concurrence jugée déloyale notamment due aux réglementations environnementales et sanitaires beaucoup plus laxistes en Amérique latine.

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Pour le président Emmanuel Macron, qui s’est exprimé sur X la semaine dernière, il s’agit d’un “accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes”.

La France est favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes (mandat de 1999).

Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l’accord UE-Mercosur…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 8, 2026

 

Encore un suffrage

Dans la capitale paraguayenne Asuncion, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a signé l’accord au nom des vingt-sept pays membres. Cependant, cette cérémonie, avant tout symbolique et formelle, ne sonne pas le glas pour les détracteurs du traité. Il reste encore quelques étapes avant de voir les rayons de supermarché se remplir d’article sud-américain.

Le texte doit désormais passer dans l’hémicycle européen pour être voté par les députés. Si les députés européens venaient à le rejeter, cela empêcherait l’adoption de l’accord. Une éventualité à laquelle ne croit pas Patrick Martin-Genier, spécialiste des questions européennes, qui explique à Public Sénat qu’il y “aura des débats. Mais les principaux partis au niveau européen (sociaux-démocrates, chrétiens-démocrates) sont en faveur de l’accord”. Une autre solution pourrait être envisagée pour empêcher l’entrer en vigueur de l’accord. Des députés pourraient effectivement saisir la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) et l’interroger sur le bien-fondé du traité. Ils s’exprimeront ce mercredi concernant cette possibilité.

Une application provisoire qui accélère le processus

L’UE et les pays du Mercosur ont signé deux documents : l’accord commercial intérimaire (ITA), qui couvre uniquement les échanges commerciaux, et l’accord de partenariat UE-Mercosur (EMPA), qui regroupe le commerce et l’investissement ainsi que la coopération politique et sectorielle. Cette spécificité est importante car si les députés valident l’accord, la partie commerciale pourra déjà s’appliquer de manière provisoire. Cela permettrait une entrée en vigueur partielle des mesures tarifaires et des facilités commerciales avant la ratification définitive par chacun des pays membres.

Pour une adoption complète, la France, comme les autres états, devra donc présenter le texte à son Parlement ou éventuellement au Conseil constitutionnel, ce qui peut prendre plusieurs mois. Une seule ratification nationale manquante suffirait alors à bloquer l’entrée en vigueur de l’accord dans son entièreté. Mais même dans ce cas-là, cela n’empêcherait pas tous ses effets économiques, puisque la partie commerciale pourrait continuer à s’appliquer de manière provisoire. Une non-ratification constitue malgré tout une arme de négociation supplémentaire permettant de demander de nouveaux ajustements.

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En cas d’adoption provisoire, les autorités françaises ne s’attendent pas à une augmentation massive des volumes importés. Dans les colonnes du Figaro, le cabinet de Nicolas Forissier, ministre délégué au Commerce international, explique en ce sens : “On ne s’attend pas à une augmentation massive des volumes, mais plutôt un effet sur les prix concernant les produits sensibles”.


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