Dans le centre-ville de Foix, un nouveau salon de tatouage est apparu. Derrière le crayon, Séraline trépigne à l’idée de lancer sa première aventure solo, dans un secteur liant sa créativité artistique et une mode désormais très répandue.
“Tatouages”, “strass dentaires” et “boutique d’artistes”, le concept de La Meute est posé. À travers les vitres du local, plusieurs feuilles de carton annoncent la nouvelle arrivée au cœur du centre-ville de Foix. Séraline, la gérante de ce nouveau salon de tatouage fuxéen, a bien travaillé la façade de son lieu. “Avoir un copain forgeron, ça permet d’avoir plein de trucs jolis”, sourit la jeune femme, le regard porté vers la pièce en fer portant le nom du salon.
Derrière cette enseigne, la jeune tatoueuse lance sa première aventure en solitaire, dans un secteur où elle exprime son art. Ancienne élève des beaux-arts, Séraline a travaillé son coup de crayon pour transformer les idées des gens en dessin éternel. “Un tatouage ce n’est pas rien, c’est sur son corps et pour toute la vie, et c’est là que je m’exprime le plus”, ressent-elle.
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Mais les murs du 47 rue des Chapeliers n’appartiennent pas qu’à cette nouvelle habitante de Foix. Elle souhaite l’ouvrir à d’autres artistes, pour faire de l’endroit un repère d’art et d’artisanat.
La Meute, lieu d’art et d’expression
Dès l’ouverture du lieu, vendredi 16 janvier, et jusqu’au dimanche, Séraline attaque avec une programmation à l’image de ses ambitions. Ateliers de création, d’écriture ou de sophrologie sont proposés par différents intervenants artistiques. “Le but c’est que ça ne soit pas qu’une boutique capitaliste, où le but soit de gagner ma vie, mais c’est aussi de proposer des choses en dehors des horaires d’ouverture plus accessibles pour faire vivre Foix”, explique Séraline.
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Puis le salon prendra son rythme, du mardi au samedi, avec une matinée dédiée aux rendez-vous, avant l’après-midi et un temps d’accueil étendu jusqu’à 19 heures. Côté tatouage, la gérante a un style bien à elle, axé vers les animaux, le floral et le théâtral. “Anima, la deuxième tatoueuse qui sera là, est plus dans les masques, les symboles”, ajoute Séraline, avant d’en dire plus sur sa façon de travailler, loin des promesses de tatouages rapides à 20 euros vendus sur les réseaux sociaux.
“C’est comme acheter un tableau, mais le tableau c’est ta peau”
Pour Séraline, le tatouage est un art. “Je pense qu’il y a aussi des tatoueurs plus dans l’artisanat et la reproduction de quelque chose. C’est sûr qu’en ayant fait les Beaux-Arts, j’ai eu la chance d’explorer à fond mon univers, ce que j’ai envie de raconter. Si je ne me sens pas de faire le projet d’une personne, je n’hésiterai pas à le rediriger vers un autre tatoueur”, développe-t-elle.
Se faire tatouer coûte un prix. “Quand on sait que la formation hygiène coûte 500 euros, qu’il faut la faire tous les 5 ans, qu’on voit le prix du matériel, il faut nous rémunérer à notre juste valeur, sans tomber dans le luxe”, estime Séraline. Mais pour rentrer dans la Meute, pas besoin de porte-monnaie. “Pour les tatouages, on peut se contacter par téléphone, mais je trouve toujours mieux de voir la personne en vrai, pour pouvoir discuter du projet. Parce que faire un tatouage, c’est comme acheter un tableau, mais le tableau c’est ta peau.”


