Depuis le début de l’année 2026, l’aérodrome de Condom, l’un des trois seuls du Gers avec Auch et Nogaro, est fermé. Impossible de trouver une assurance pour la communauté de communes, responsable des lieux. Les pilotes rongent leur frein.
Depuis le 1er janvier, l’aérodrome de Condom-Valence-sur-Baïse, l’un des trois du Gers, est fermé à la circulation aérienne. Il est devenu impossible de souscrire une assurance responsabilité civile aéronautique.
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La communauté de communes de la Ténarèze, propriétaire du site, se bat pour trouver une solution, tandis que pilotes et associations attendent, impuissants.
Un arrêté de fermeture, pas de vol possible
“Depuis le 1er janvier, l’aérodrome est fermé temporairement”, annonce Maurice Boison, président de la communauté de communes. Malgré les démarches, aucun assureur n’accepte de couvrir la responsabilité civile du site.
“Sans cette assurance, en cas d’accident, c’est le contribuable qui paierait, explique-t-il. Si on envoie quelqu’un s’occuper d’un simple entretien, comme c’est notre rôle, il n’est tout simplement pas assuré ! C’est impensable.” Une situation intenable, qui a conduit à la fermeture, malgré l’attachement des élus à ce “point d’activité important” pour le territoire.
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Le problème ? Un marché assurantiel sous tension. “Les cotisations explosent, les assureurs se désengagent”, constate Maurice Boison. La communauté a bien réussi à assurer les équipements, mais la responsabilité civile reste un casse-tête. “On a un cabinet qui nous suit, mais partout, c’est porte fermée.”
Des usagers dans l’expectative
Pour les associations et pilotes privés, l’attente est difficile. “On ne peut pas voler, c’est dérangeant”, témoignent Michel et Jean-Yves, du club de planeurs. Soixante membres pour le planeur, une dizaine pour l’aéromodélisme, et plusieurs pilotes privés ou écoles de formation : l’aérodrome est un lieu vivant. “C’est toujours un peu compliqué en début d’année, mais là, on aurait vraiment pu voler”, regrette l’un d’eux.
David Bidou, le directeur de l’aéroport d’Auch, relativise : “Cette fermeture ne pose aucun problème de sécurité. S’il y avait des appareils en difficulté, ils seraient redirigés vers Auch ou Nogaro, un tel aérodrome n’est pas intégré dans un quelconque plan de sécurité aérienne.” Mais le responsable auscitain reconnaît que les hausses des coûts de fonctionnement, assurances comprises, conjuguées aux baisses des dotations, compliquent la vie de tels établissements. Et pour les planeurs et les clubs du Condomois, l’activité est à l’arrêt.
Solutions sine die
La communauté de communes a obtenu de la préfecture l’autorisation de négocier de gré à gré avec un assureur, sans passer par un appel d’offres, bien plus long. “On espère une réouverture rapide, mais on ne peut pas donner de date”, précise Maurice Boison. Le coût reste lui aussi inconnu : “On n’a pas de proposition, donc pas de chiffre !”
Pour lui, l’enjeu dépasse Condom : “C’est un symptôme des difficultés des petites infrastructures.” La priorité du président est à présent de résoudre au plus vite cet imprévu.

