March 4, 2026

TÉMOIGNAGE. "C’était catastrophique, j’ai failli tout perdre" : cet artisan Tarnais survit à l’incendie de son atelier

l’essentiel
Son atelier à Giroussens a été ravagé par les flammes fin 2025. Stock sauvé in extremis, production à l’arrêt pendant deux mois, avenir incertain… Thierry Pouzergues a frôlé la fin de son entreprise. Voici comment cet artisan tarnais a tenu debout quand tout semblait perdu.

“C’était catastrophique, j’ai failli tout perdre.” Artisan depuis une dizaine d’années à Giroussens, Thierry Pouzergues aurait pu arrêter net son activité. Son atelier, situé dans le centre-ville de la commune tarnaise, a été complètement détruit par un incendie fin 2025.

“Je n’étais pas tout seul dans le bâtiment, raconte-t-il. À côté de mon local, qui était à l’étage, des artistes avaient également leurs propres ateliers. Et un soir, l’une d’elles a oublié d’éteindre une bougie qu’elle avait allumée. Le feu s’est très vite propagé.”

Thierry Pouzergues fabrique des lampes à partir d’objet vintage.
Thierry Pouzergues fabrique des lampes à partir d’objet vintage.
DDM – Thibault de Surville

Malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, Thierry Pouzergues retrouve son atelier dans un sale état. “Ma propriétaire m’a envoyé un SMS le matin après le drame. Quand je suis arrivé, j’ai retrouvé mon local tout noir. La suie et les cendres recouvraient tout. C’était impressionnant ! S’il n’y avait pas eu de couloir entre mon atelier et celui de la photographe, où le feu est parti, je pense que tout aurait brûlé.”

Installé dans un nouvel atelier

Dans ce sombre chaos, l’artisan voit pourtant la lumière. Sous son atelier, au rez-de-chaussée du bâtiment, le Tarnais range tout son stock de lampes déjà fabriquées. “Les flammes se sont arrêtées de justesse avant ma salle. Aucune lampe qui se trouvait là n’a été touchée par l’incendie. Si mon stock avait brûlé, j’aurais peut-être dû arrêter mon activité.”

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Sans cette réserve, le Rabastinois n’aurait tout simplement pas pu se rendre aux marchés de Noël pour vendre ses œuvres. “Avant les fêtes, j’ai toujours plusieurs lampes fabriquées à l’avance pour les écouler.” Un moindre mal qui a sauvé le Tarnais. “Pendant plus de deux mois après l’incendie, je ne pouvais plus fabriquer de nouvelles lampes. À défaut de pouvoir en faire, j’ai pu au moins en vendre. Ça m’a sauvé.”

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Et depuis, Thierry Pouzergues s’est installé, au début du mois de mars, dans un nouvel atelier à Rabastens. “Même si cet incendie est une catastrophe, mon nouveau local est plus approprié à mon activité. Je suis au rez-de-chaussée, donc pas besoin de faire des allers-retours dans les escaliers entre mon coffre et mon atelier. L’ancien n’était pas totalement adapté à mon activité. Et dans tous les cas, je ne peux plus y retourner aujourd’hui. Les assureurs ne veulent plus.”

Des traces toujours présentes

S’il a repris son activité avec Le Tiroir Insolite, le nom de son entreprise, les traces de l’incendie sont pour autant toujours présentes. “J’ai encore beaucoup de nettoyage à faire. La suie m’a sali pas mal d’outils. Pour le moment, tout semble avoir résisté aux flammes.”

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Seul point noir pour l’artisan, ses accessoires (câbles, embouts…) pour fabriquer les lampes sont morts. “La suie les a rendus totalement inutilisables, même après les avoir nettoyés. Je dois en racheter pour avancer et continuer ma production. À partir d’objets insolites et vintage, je les restaure pour les transformer en lampe. Ces accessoires sont primordiaux pour moi.”

Pour lui venir en aide, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Tarn s’est mobilisée. Ce jeudi, l’association remettra un chèque à Thierry Pouzergues pour le soutenir. De quoi lui permettre de repartir plus sereinement dans son activité.

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