January 14, 2026

"Ça coûtait 1 500 euros de taxi pour y apporter les échantillons" : pourquoi ce département ne peut toujours pas réaliser ses propres tests DNC ?

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Touchée depuis le 9 décembre par la dermatose nodulaire contagieuse, l’Ariège a rapidement vacciné ses cheptels bovins. Mais malgré plusieurs foyers identifiés, le laboratoire vétérinaire départemental n’est toujours pas autorisé à réaliser les tests de dépistage. Pourquoi ?

Touché depuis le 9 décembre par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le département de l’Ariège a rapidement déployé une vaste campagne de vaccination pour limiter la propagation de la maladie. Au total, près de 71 000 bovins, répartis sur l’ensemble du territoire, ont pu bénéficier de l’intervention d’un vétérinaire en un temps record.

Mais derrière cette réponse sanitaire d’ampleur, une controverse persiste. Le laboratoire vétérinaire départemental de l’Ariège n’a, à ce jour, pas été autorisé à réaliser les tests de dépistage sur les suspicions cliniques de DNC.

Une demande refusée avant même l’apparition des cas

Début octobre, soit avant l’apparition des premiers foyers, le laboratoire vétérinaire de l’Ariège avait sollicité un agrément pour effectuer des analyses de dermatose nodulaire contagieuse. Une demande rejetée par les autorités. En cause, selon la directrice du laboratoire, Mylène Lemaire : “Vous n’avez pas de cas de dermatose nodulaire contagieuse dans votre département.”

Après la confirmation des premiers foyers, la direction du laboratoire renouvelle sa demande en décembre. Sans succès. “Depuis, pas de nouvelle”, regrette-t-elle.

Des analyses réalisées hors du département

Dans un premier temps, un seul laboratoire en France, situé en Savoie, était habilité à effectuer ces analyses. Une situation jugée problématique par la direction du laboratoire ariégeois. “Ça coûtait 1 500 euros de taxi pour y apporter les échantillons depuis l’Ariège”, affirme Mylène Lemaire.

Depuis, plusieurs autres départements ont pu obtenir un agrément temporaire. Pourtant, malgré son statut de département touché par la maladie, l’Ariège reste exclue du dispositif. “Ils ont une logique d’agréer au compte-gouttes”, dénonce la directrice, qui s’étonne également du silence des autorités.

Trois foyers confirmés, aucun test local

Interrogés, les services de l’État en Ariège contestent certains éléments avancés. “Il n’a jamais été question de 1 500 euros de taxi pour acheminer des échantillons en Savoie. Les analyses ont été confiées à des laboratoires du 31 et du 66”, fait savoir la préfecture.

Celle-ci rappelle que les agréments ne sont pas délivrés à la demande des laboratoires. “La décision de mise en place d’un réseau de laboratoires agréés est basée sur les besoins identifiés par la Direction générale de l’alimentation (DGAL).” En procédure normale, ces agréments sont attribués à l’issue d’un appel à candidatures, après évaluation par le Laboratoire national de référence (LNR), un processus qui s’étend sur plusieurs mois.

Un niveau de confinement de type P3

Dans le cas de la DNC, qualifiée de crise sanitaire, une procédure dérogatoire a été activée. Des agréments temporaires ont ainsi été délivrés à certains laboratoires disposant d’infrastructures adaptées, notamment un niveau de confinement de type P3, nécessaire en raison de la charge virale très élevée des prélèvements.

Sont actuellement agréés temporairement : les laboratoires de l’Ain et de la Savoie depuis fin juillet, celui des Pyrénées-Orientales depuis fin octobre 2025, ainsi que, depuis le 29 décembre 2025, le laboratoire départemental de Haute-Garonne (LD31 EVA) et les Laboratoires des Pyrénées et des Landes, site de Lagor. L’objectif est d’assurer un maillage territorial cohérent en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, tout en garantissant un volume minimal d’analyses par laboratoire.

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