January 2, 2026

"Certains misent 1 000 euros plusieurs fois par mois" : le 1er janvier au bar-tabac les paris ne prennent jamais de jour férié

l’essentiel
Le 1er janvier, pendant que la ville se réveille doucement, le bar-tabac La Comédie, à Cahors, a déjà retrouvé ses habitués et ses premiers nouveaux clients. Paris sportifs, blagues et poignés de main rythment la journée. Un endroit où l’on démarre l’année 2026 au comptoir en misant parfois ses étrennes offertes peu de temps avant. Reportage.

Le 1er janvier, à Cahors, pendant que la ville se réveille doucement le bar-tabac La Comédie fait déjà battre le cœur du centre-ville. Ce matin à 9 heures, un peu plus tard que d’habitude, le patron a exceptionnellement ouvert à cet horaire au lieu de 6 h 30, mais les habitués sont déjà là. Certains arrivent encore avec les traces d’un réveillon bien arrosé. “Il y en a qui sont entrés en disant bonsoir au lieu de bonjour, sourit Stéphane Carlet, le gérant. Sa nouvelle année commence dans les rires.

“Ça fait bien cinquante ans que je passe ici”

Derrière le comptoir, les cafés s’enchaînent, les vœux aussi. “Bonne année”, “la santé surtout”, “on se revoit demain”. Ici, tout le monde se connaît, et se reconnaît. 220 clients sont déjà passés dans la matinée, malgré une ouverture plus tardive et une amplitude réduite. “C’est à peu près pareil qu’un matin normal, mais en plus condensé”, constate le patron, installé à La Comédie depuis 2019.

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Les clients sont venus en nombre ce matin du premier jour de l’année.
Les clients sont venus en nombre ce matin du premier jour de l’année.
DDM – Laurine Méaulle

Dans un coin de la salle, Sami, 21 ans, les yeux rivés sur un écran, prépare son pari. Depuis le mois d’août, il vient tous les jours à La Comédie. Sa passion : les courses de chevaux. Sur son téléphone, il analyse les cotes, choisit un cheval, mise. Sur la télévision juste à côté, la course démarre presque aussitôt. “J’adore ça, c’est un vrai kiff”, sourit-il. “Tu réfléchis, tu mises, et tu vois le résultat en direct.” Les mises restent modestes, mais le plaisir est là. “C’est le jeu, parfois tu gagnes, parfois non.”

Sami, 21 ans, parie tous les jours sur des courses hippiques au bar-tabac.
Sami, 21 ans, parie tous les jours sur des courses hippiques au bar-tabac.
DDM – Laurine Méaulle

Et devant le comptoir, Sébastien, Cadurcien de longue date, est une figure familière. “Je viens surtout le matin, avant d’aller travailler. Un petit café, dire bonjour aux gens, discuter cinq minutes. Ça vaut tous les réseaux sociaux”, confie-t-il. Il fréquente l’établissement depuis toujours. “Je venais déjà avec ma grand-mère quand j’étais petit. Ça fait bien cinquante ans que je passe ici.” Pour lui, venir au bar-tabac le 1er janvier est presque une tradition. “Je ne viens pas pour parier ici, c’est pour le contact humain que je viens.”

“Ce sont des commerces d’utilité publique”

Autour de lui, les discussions vont bon train. On parle du réveillon, du travail, de la ville, et surtout de la météo, glaciale en ce jour. Jérémie, lui aussi habitué, passe prendre des cigarettes et tente un pari “pour voir”. “C’est le premier de l’année, on sait jamais”, glisse-t-il en riant. Pour lui le jeu reste “un prétexte, jamais une fin en soi.” Stéphane Carlet évoque des paris “parfois très fréquents” chez certains de ses clients qui “misent 1 000 euros plusieurs fois par mois”.

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Les clients misent principalement sur des paris sportifs de football au bar-tabac La Comédie.
Les clients misent principalement sur des paris sportifs de football au bar-tabac La Comédie.
DDM – Laurine Méaulle

“Ce sont des commerces d’utilité publique”, rappelle Stéphane Carlet. “Les gens viennent chercher plus que des cigarettes ou des tickets : ils viennent chercher du lien.” Dans un contexte où les bars-tabacs se font plus rares, La Comédie reste un repère pour certains qui “se sentent un peu seuls”, confie le gérant, mais aussi un lieu de passage et de partage, ouvert 365 jours par an.

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En ce 1er jour de l’année, l’ambiance est douce, et propice à la rigolade. Les voix sont parfois un peu rauques, les regards encore fatigués, mais le plaisir d’être ensemble est intact. À La Comédie, l’année commence comme elle se poursuivra, “au comptoir, autour d’un café, avec des histoires à raconter !” s’exclame le gérant.

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