Donald Trump et le secrétaire américain à la Guerre, le 15 décembre 2025, à Washington. ANNA MONEYMAKER/GETTY IMAGES VIA AFP
Les Etats-Unis ont-ils commis un crime de guerre lors d’une frappe contre un bateau de narcotrafiquants présumés en septembre 2025 ? C’est la question que soulève le « New York Times » qui a révélé, lundi 12 janvier, que Washington avait maquillé un avion militaire en appareil civil pour attaquer un navire accusé de trafic de la drogue au large du Venezuela.
L’attaque, la première du genre annoncée le 2 septembre 2025, avait fait onze morts sur le bateau. Selon le quotidien américain, elle a été menée par un avion sans marquage militaire, qui transportait ses munitions dans son fuselage, plutôt que de manière visible sous les ailes.
Alors que l’administration Trump assure que ses frappes contre des narcotrafiquants sont légales, puisque le président américain a « déterminé » que le pays est en conflit armé avec les cartels – une affirmation elle-même légalement discutable –, cette falsification pourrait constituer un crime de guerre appelé « perfidie ». Les lois autour des conflits armés interdisent, en effet, les combattants de se faire passer pour des civils afin d’endormir la vigilance de leurs ennemis, les empêcher de prendre des mesures pour se protéger ou se rendre, et les attaquer ou les tuer.
L’administration américaine n’a jamais apporté de preuves
Selon des officiels américains au fait du dossier cités par le « New York Times », l’avion est descendu assez bas pour être vus des passagers du bateau, qui s’était redirigé vers le Venezuela avant la première frappe. Une deuxième frappe avait ensuite achevé les deux survivants naufragés – un acte qui a aussi largement alimenté les débats publics et les accusations de crime de guerre, puisqu’il contreviendrait aussi aux règles de la guerre.
Les Etats-Unis ont déployé, depuis l’été 2025, un important dispositif militaire dans les Caraïbes et ont bombardé des embarcations en provenance du Venezuela au nom de la lutte contre le narcotrafic. De nombreux experts ont remis la légalité de ces opérations en doute, dont des organisations non gouvernementales et des responsables des Nations unies. Et pour cause : l’administration américaine n’a jusqu’à présent jamais apporté de preuves démontrant que ces embarcations visées transportent effectivement de la drogue.

