Philippe Rouquié, recrue phare de l’intersaison à Magnanac en provenance de Colomiers, nous dit tout au sujet de ce nouveau départ en catégorie « vétérans ».
Comme on dit familièrement, à bientôt 60 ans, on en a un peu plus derrière que devant ?
Complètement ! Après, la pétanque a cet avantage qu’il est possible de bien vieillir, mieux en tout cas que si l’on pratique un sport de contact aux exigences physiques bien marquées.
Sur les plans technique et tactique, vous avez eu le temps de vous forger un fabuleux bagage de champion, celui que tout le monde connaît…
Disons que la sagesse vient avec l’expérience, et que j’ai eu la chance, jeune, de grandir auprès de Daniel Dejean et de Michel Ferrand.
Pour autant, vous n’avez jamais bâti de plan de carrière, de prévisionnel ?
Ni tiré de plans sur la comète ! Je ne m’attendais pas à ce que l’histoire s’arrête, aussi bien avec Michel (Ferrand, NDLR) à Colomiers qu’avec Stéphane (Berlier, NDLR), lorsqu’il a changé de poste. Il a gardé cette modernité, en ce sens qu’il lui est même arrivé de pointer.
Dans quelles dispositions vous sentez-vous, vous le nouveau colistier de Kenny Champigneul ?
Je peux prendre le point, c’est un plaisir et non pas un passage au purgatoire. Didier Furton sera très heureux de vous lire (rires) ! Non sérieusement, de même qu’un avant-centre peut glisser au milieu du terrain, j’espère continuer à bien figurer à ce poste de pointeur. Inversement, un Michel Ferrand au sommet de son art aurait très bien pu glisser au milieu.
Cette deuxième fermeture de parenthèse columérine, vous acceptez de l’évoquer ?
Ce n’est pas un secret, je ne suis plus en phase avec l’équipe dirigeante. Je précise que je m’en vais sans entrer dans quelque polémique que ce soit. J’ai ma vision de la pétanque, point barre. Autant le premier départ a correspondu à un arrêt de l’histoire, autant la BJ Colomiers restera à jamais comme mon club de cœur.
Magnanac, voilà un bien beau challenge à relever ?
En fait, il s’agit pour moi de concilier obligations familiales et autres activités professionnelles, sachant que c’est le travail qui permet de vivre. Jamais, même après le titre de 1991, je n’ai considéré la pétanque comme un sport susceptible de vivre à l’heure du professionnalisme intégral. Et ce n’est pas le rejet du dossier de candidature aux Jeux Olympiques de 2024 ni les récents déboires des différentes équipes de France qui m’inciteront à envisager le contraire.
La victoire des jeunes Toulousains lors de l’édition 2021 du Trophée des Villes est-elle votre plus beau souvenir de l’autre côté de la barrière ?
Oui, sans l’ombre d’une hésitation ! J’étais libre comme l’air à ce moment-là, faute d’équipe en club, et vous ne pouvez pas savoir à quel point je me suis éclaté auprès de Bryan, de Rocky, de Paul et de Diego. Il se dégageait de ce groupe une force incroyable…

