Un groupe de combattants kurdes à Alep, dans le nord-est de la Syrie, le 9 janvier 2026. HOGIR AL ABDO/AP/SIPA
L’armée syrienne a annoncé samedi avoir bouclé son opération contre le dernier bastion kurde d’Alep, une affirmation toutefois démentie par les forces kurdes qui ont affirmé continuer à se battre face aux troupes gouvernementales, avant d’annoncer ce dimanche 11 janvier quitter la ville.
Ces combats, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont éclaté alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et les FDS au sein du nouvel Etat.
• Au moins 21 civils tués et 155 000 déplacés
Les affrontements dans Alep, grande ville du nord de la Syrie, entre le gouvernement central et les Kurdes, qui contrôlent une partie du nord-est du pays, ont tué au moins 21 civils depuis mardi. Ils ont aussi fait environ 155 000 déplacés, pour la plupart des habitants des quartiers kurdes, selon les autorités.
Les autorités syriennes ont annoncé ce samedi après-midi transférer des combattants qui étaient retranchés dans le quartier kurde de Cheikh Maqsoud à Alep, vers la zone autonome kurde plus à l’est, après avoir pris le contrôle de ce quartier.
• Les forces kurdes quittent la ville
Vendredi, comme les jours précédents, l’armée avait permis aux civils désireux de fuir d’emprunter deux « couloirs humanitaires » pour fuir les quartiers kurdes et un journaliste de l’AFP a vu des habitants sortir sous la pluie, chargés de bagages. Damas avait appelé vendredi les forces kurdes à quitter la ville, leur promettant de les acheminer en toute sécurité vers les zones contrôlées par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) dans le nord-est du pays.
Les forces kurdes en Syrie ont annoncé ce dimanche l’évacuation de leurs combattants des deux quartiers où ils étaient retranchés à Alep. « Nous sommes parvenus à un accord qui a conduit à un cessez-le-feu et permis l’évacuation des martyrs, des blessés, des civils pris au piège et des combattants des quartiers d’Achrafieh et de Cheikh Maqsoud vers le nord et l’est de la Syrie », ont écrit les Forces démocratiques kurdes (FDS) dans un communiqué. L’agence officielle syrienne Sana a confirmé que « les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est ».
• Plus de 400 combattants kurdes évacués, 300 arrêtés
Les forces syriennes ont évacué plus de 400 combattants kurdes du dernier quartier d’Alep, dans le nord de la Syrie, vers la zone autonome kurde, et arrêté 300 autres Kurdes, a indiqué un responsable du ministère de l’Intérieur ce dimanche à l’AFP.
Le responsable qui a requis l’anonymat a précisé que 419 combattants kurdes dont 59 blessés avaient été évacués du quartier où ils étaient retranchés. Selon lui, 300 autres Kurdes, dont des membres des forces de sécurité kurdes, ont été arrêtés. Un correspondant de l’AFP a vu dans la nuit des cars transportant des hommes quitter le quartier de Cheikh Maqsoud sous escorte des forces gouvernementales.
• Les Américains appellent à « la plus grande retenue »
A Amman, l’émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack a affiché l’engagement des États-Unis à œuvrer pour « assurer le retrait pacifique des FDS » d’Alep et « garantir la sécurité » des civils, à l’issue d’un entretien avec le chef de la diplomatie jordanienne, Ayman Safadi. « Nous appelons toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue, à cesser immédiatement les hostilités et à reprendre le dialogue conformément aux accords » de mars et avril 2025 conclus entre le gouvernement et les Forces démocratiques syriennes (FDS), a-t-il écrit sur X, en référence aux forces dirigées par les Kurdes.
Les FDS, qui ont été le fer de lance de la lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique en Syrie, sont soutenues par Washington qui appuie également le pouvoir islamiste d’Ahmed Al-Charaa. Depuis la chute de Bachar al-Assad, le nouveau pouvoir islamiste s’est engagé à protéger les minorités mais a été confronté à des massacres d’Alaouites sur la côte en mars et des violences avec les Druzes dans le sud en juillet.

