L’élection à la présidence de la communauté de communes de la Haute-Ariège a tranché entre deux visions du territoire. Avec 38 voix contre 32, Alain Marfaing s’impose face à Arnaud Diaz et promet une gouvernance de proximité.
Ce mercredi, le cinéma de la cité thermale a troqué ses projecteurs pour les enjeux de la vie publique locale.
Dans un auditorium empreint de l’effervescence des grands jours, le président sortant Alain Naudy a ouvert la séance en installant officiellement les élus, avant de passer le témoin au doyen d’âge, Maurice Sicre, maire d’Axiat.
Sous l’œil vigilant d’un huissier, ce dernier a orchestré la prise en main des boîtiers électroniques, garantissant la fiabilité technique de ce scrutin décisif pour l’avenir de la Haute-Ariège.
Un duel de visions pour le territoire
Une fois les réglages techniques validés, le moment tant attendu des professions de foi a mis en lumière deux visions divergentes pour l’avenir de la Haute-Ariège. Arnaud Diaz, maire de l’Hospitalet-près-l’Andorre, a ouvert le feu avec un discours de rupture, qualifiant l’institution actuelle de “nébuleuse, un peu incompréhensible pour les uns et beaucoup invisible pour les autres”.
Fustigeant un manque d’écoute qu’il juge désormais inacceptable, le candidat a plaidé pour une gouvernance où le président serait le garant de toutes les voix, affirmant qu’avec “les contradictions, on avance”. Sa vision, centrée sur une solidarité intercommunale où “on n’a pas besoin d’avoir la clé pour entrer”, proposait également un coup de frein au tourisme de masse pour privilégier un modèle raisonné, en adéquation avec les montagnes et l’élevage local.
Pour lui, le simple fait d’avoir rendu cette élection visible et débattue constituait déjà “une première victoire” face à l’opacité des scrutins passés qui se réglaient souvent “sur une pointe de table”.
En réponse, Alain Marfaing, maire de Gestiès, s’est présenté comme l’homme du rassemblement et de la continuité pragmatique. Se décrivant comme un élu “modeste, simple et humble”, il a fermement revendiqué son indépendance en déclarant que son seul parti politique pour les années à venir serait “le territoire, rien que le territoire”.
S’appuyant sur un bilan solide où 97 % des délibérations ont été votées “quasi à l’unanimité” ces dernières années, il a toutefois admis la nécessité de “faire respirer” l’intercommunalité. Son projet vise à “accrocher les wagons” d’un territoire avançant parfois à deux vitesses, notamment en confiant des responsabilités majeures aux maires des communes de moins de 200 habitants.
Par ailleurs, il n’a pas manqué d’appeler à laisser de côté les “querelles stériles et inutiles”. Ce dernier a promis une présidence transpartisane et travailleuse, respectueuse de toutes les sensibilités.
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Le verdict des urnes et l’installation du nouveau président
Au terme de ce duel oratoire et après un scrutin électronique fluide, le verdict est tombé sans appel. C’est finalement Alain Marfaing qui l’emporte avec 38 voix contre 32 pour Arnaud Diaz.
Ce résultat serré témoigne de l’existence de deux sensibilités marquées au sein de l’assemblée, mais entérine la victoire de l’édile de Gestiès. Le nouveau président prend désormais la tête d’une structure forte de 260 agents et dotée de budgets se chiffrant en millions d’euros.
Dans ses premiers mots, il a réitéré sa volonté de représenter la parole collective et de mettre en œuvre une approche de proximité territoriale.
La Haute-Ariège entame ainsi un nouveau chapitre, entre promesse de cohésion sociale et nécessité de relever les défis de l’habitat, de la santé et de la transition environnementale pour tous ses administrés.

