January 10, 2026

L’enfant Jésus a été décapité : une enquête ouverte après un acte de vandalisme sur une crèche de Noël dans une église près d’Agen

l’essentiel
La crèche de Noël de l’église Sainte-Jehanne a été vandalisée, suscitant l’émoi dans le diocèse d’Agen. La statue de l’enfant Jésus a été décapitée. La commune du Passage et la paroisse vont porter plainte. La police a ouvert une enquête.

À peine quelques jours après l’Épiphanie, la sidération s’est invitée au cœur de l’église Sainte-Jehanne, au Passage.
« L’Épiphanie, c’est le jour des Rois Mages, et les Rois Mages représentent toutes les nations ! » rappelle l’abbé Jérôme Pomié, prêtre officiant de la paroisse. « Et l’enfant Jésus symbolise la vulnérabilité, la fragilité. Moi, c’est tout ça que je vois détruit… »

Jeudi 8 janvier, aux alentours de 17h30, il est alerté par ses paroissiens. Venus préparer l’église avant la célébration d’une messe, ils sont tombés sur une scène étrange. Des personnages de la crèche de Noël sont renversés, et l’enfant Jésus a proprement été décapité et démembré. « Crèche que deux jeunes ont contribué à mettre en place », déplore l’abbé. « Un de 2nde, et un autre de 6ème. »

Francis Garcia, maire du Passage, tempête contre « un acte de vandalisme imbécile et révoltant », mais tient à préciser que les intentions du ou des coupables ne sont pas connues. « Il ne s’agit pas d’épiloguer ou d’anticiper l’enquête, on ne sait pas s’il s’agit d’un acte de profanation, ou l’œuvre d’une personne aux troubles psychiatriques. Il faut laisser la police faire son travail », affirme-t-il.
Les policiers d’Agen ont effectué de premiers prélèvements dès la soirée de jeudi.

Laisser la crèche en l’état

Mgr Alexandre de Bucy, évêque d’Agen, a dénoncé « un geste violent, qui blesse profondément tout le diocèse d’Agen, et tout particulièrement la paroisse Sainte-Catherine du Passage ». Le même édifice avait déjà été frappé dix ans auparavant par un acte similaire.

« Mgr de Bucy a décidé de chanter les vêpres ici et bénir la crèche dimanche soir, malgré tout », précise l’abbé Pomié. « Nous allons la laisser en l’état pour le moment. Ce qui est encore plus navrant dans cette histoire, c’est que l’église est un lieu où tout le monde peut entrer. Cet endroit est ouvert à la réflexion et au recueillement… Et nous mettrons tout en œuvre pour qu’elle reste un lieu de liberté. »

Au sujet de la sécurisation des lieux, pas question pour le moment de verrouiller l’église. En revanche, il pourrait éventuellement être question de caméras de surveillance.

Liens interreligieux

« Nous sommes régis par la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État », explique l’abbé Pomié. « La commune du Passage est propriétaire des lieux, moi, je n’en suis que l’affectataire. L’argent public ne peut pas servir pour ce qui relève du culte. Par contre, la préfecture a le devoir de prendre soin de toutes les personnes… dont celles qui entrent dans l’édifice. À ce titre, je vais peut-être solliciter l’aide de l’État, et des communes, pour voir si on peut installer des caméras aux abords de l’église. Ça n’éradique pas la délinquance, mais ça dissuade. »

Au-delà des dégâts matériels, une chose choque particulièrement l’homme d’Église : la symbolique autour de la décapitation de l’enfant Jésus. « Combien d’enfants, dans nos familles, nos paroisses, dans le monde, sont martyrisés ? Et les Rois Mages renversés ? Nous avons des liens interreligieux ! Jeudi soir encore, je prenais un verre avec la pasteure d’Agen ! Mgr de Bucy l’a rappelé, nous avons un arbre de la paix qui a été offert par toutes les communautés religieuses, juives, musulmanes, chrétiennes, protestantes, adventistes et catholiques. Nous devons être acteurs et défenseurs de la paix et de la protection des enfants. »

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