January 10, 2026

Manifestation agricole : la ville dépose plainte et demande une prise en charge par l’État du coût du nettoyage

l’essentiel
La ville de Pamiers a déposé plainte, ce jeudi 8 janvier 2026, afin d’avoir accès aux analyses des dépôts effectués le 1er janvier, devant la sous-préfecture, lors des manifestations agricoles. Elle réclame également de l’aide à l’État, pour faire face au coût du nettoyage.

Deux entreprises spécialisées ont été chargées par la commune de traiter une partie des dépôts effectués devant la sous-préfecture de Pamiers, à l’occasion des manifestations agricoles du 1er janvier dernier, environ 230 tonnes de déchets (de la paille, des gravats, du bois notamment). Une grande partie de ces déchets a été triée, et stockée sur un terrain communal, en attendant une solution définitive, le Smectom ayant refusé de les accueillir.

Une de ces deux entreprises a pris en charge les pneus, qui nécessitent un traitement particulier. La seconde est intervenue cet après-midi, devant la sous-préfecture, à la suite de la découverte de matériaux contenant de l’amiante, sans indication sur le volume précis de ces déchets. Il y en aurait “très peu par rapport à la quantité initiale”, cependant, selon les informations recueillies ce vendredi, en fin de journée.

Les derniers déchets en attente d’être évacués, ce jeudi.
Les derniers déchets en attente d’être évacués, ce jeudi.
DDM – L.G.

“Ni normal, ni acceptable”

D’autre part, ce jeudi, une plainte a été déposée par la commune, afin ” d’accéder à la connaissance précise de la nature des déchets déposés”, indique la municipalité de Pamiers. Dans un courrier adressé ce vendredi à Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, Frédérique Thiennot, maire, avoue ne pas comprendre que ce dépôt de plainte ait été obligatoire : “Il ne paraît ni normal ni acceptable qu’une collectivité soit contrainte d’engager une procédure pénale pour obtenir des informations essentielles à la gestion d’un risque sanitaire majeur sur son territoire”, souligne l’élue appaméenne dans cette lettre ouverte.

Environ 230 tonnes de déchets ont été déposées devant la sous-préfecture de Pamiers, dans la soirée du 1er janvier, par des agriculteurs en colère.
Environ 230 tonnes de déchets ont été déposées devant la sous-préfecture de Pamiers, dans la soirée du 1er janvier, par des agriculteurs en colère.
DDM

35 000 €, un coût qui va encore évoluer

D’autre part, Frédérique Thiennot attire l’attention de la ministre sur le coût du nettoyage. La ville a déjà dû consacrer la somme de 35 000 € pour faire face au déblaiement, une somme susceptible d’évoluer encore fortement. Elle comprend le recours à une société privée, le lendemain de la manifestation, puis l’affectation d’agents municipaux à cette tâche, encore en cours.

Cette somme va encore évoluer. Le déblaiement n’est pas terminé. Deux entreprises spécialisées ont donc été missionnées, et une partie des dépôts est toujours stockée sur un terrain municipal et qu’il faudra évidemment évacuer.

Des pneus, des balles de paille, des gravats… avaient été déversés lors de ce mouvement de protestation.
Des pneus, des balles de paille, des gravats… avaient été déversés lors de ce mouvement de protestation.
DDM – L.G.

Une charge “inéquitable”

Le maire de Pamiers demande donc de l’aide à l’État : “Il apparaît que l’intégralité de cette prise en charge demeure supportée par le budget communal, ce que je considère comme profondément inéquitable”, écrit Frédérique Thiennot dans son courrier à Annie Genevard.

“Il me semble en effet anormal que la commune, qui n’est ni à l’origine de la manifestation, ni compétente en matière de gestion sanitaire des épizooties, se retrouve à assumer seule les conséquences financières d’un mouvement directement lié à des décisions et des orientations prises par l’État”, explique-t-elle, demandant “solennellement” que “les frais engagés par la ville de Pamiers pour le déblaiement et la gestion de cette situation fassent l’objet d’une prise en charge par l’État”, et que les modalités de transmission des informations sanitaires aux élus soient modifiées.

“Des rapports cordiaux et fructueux”

Enfin, Frédérique Thiennot indique que “la ville de Pamiers n’a jusqu’à présent qu’à se féliciter des rapports cordiaux et fructueux qu’elle a entretenus avec les services de l’État qui ont accompagné sa rénovation et même sa renaissance. Je souhaite que ces rapports perdurent dans la confiance. C’est pourquoi je vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à cette situation”, conclut le maire de Pamiers dans cette lettre ouverte.

Une copie de cette lettre a été adressée par le maire de Pamiers au préfet de l’Ariège, Hervé Brabant, ainsi qu’à l’association des Maires de France.

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