Une femme a été tuée lors d’une opération de la police de l’immigration ICE, à Minneapolis, dans le Minnesota (États-Unis). Légitime défense ou bavure policière ? Les versions divergent.
Le 7 janvier, une femme a été abattue par la police de l’immigration américaine, Immigration and Customs Enforcement (ICE), à Minneapolis, dans l’État du Minnesota. Le drame a eu lieu en marge de manifestations contre la présence et les méthodes de cette unité de lutte contre l’immigration illégale, dans un État déjà marqué par les violences policières. C’est là qu’en 2020, George Floyd avait été tué. Voici ce que l’on sait.
Il est 9 h 30 ce mercredi 7 janvier, à Minneapolis. Dans le quartier de la 34e rue est de la ville, des sifflets retentissent pour signaler la présence d’agents de l’ICE. Cela fait suite à l’annonce de Donald Trump de déployer 2 000 agents dans la région pour lutter, selon lui, contre “un scandale de fraude”. The Guardian cite le département de la Sécurité intérieure, confirmant sur X, un déploiement historique pour “arrêter les auteurs et expulser les étrangers en situation irrégulière ayant commis des infractions”.
A 100% chance of ICE in the Twin Cities — our largest operation to date.
If you’re a criminal illegal alien and/or you are engaged in fraud, expect a visit from ICE. pic.twitter.com/Uxvlh1Bjdf
— U.S. Immigration and Customs Enforcement (@ICEgov) January 6, 2026
Peu après le signalement, une foule se masse pour s’opposer aux raids des agents de la police de l’immigration. Selon le ministère de la Sécurité intérieure, cité par l’AFP, “des émeutiers ont commencé à bloquer les agents”.
Dans ce contexte, Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans, mère d’un enfant de 6 ans, se rend sur place, en qualité de citoyenne américaine agissant comme observatrice autorisée des opérations de l’ICE d’après les informations de CBS News. Des médias américains, dont ABC News, indiquent qu’elle venait de déposer son enfant à l’école et qu’elle rentrait chez elle.
Légitime défense ou bavure policière ?
C’est là que les versions divergent. L’administration Trump affirme qu’elle a “transformé son véhicule en arme” pour tenter de tuer les forces de l’ordre. Le communiqué officiel sur X évoque un acte de “terrorisme intérieur”. Selon Le Monde, le ministère soutient qu’un “agent de l’ICE, craignant pour sa vie, pour celle de ses collègues et pour la sécurité du public, a tiré en état de légitime défense”.
ABC News has verified video of the moment an ICE agent opened fire, fatally shooting a woman behind the wheel of an SUV in Minneapolis.
The Department of Homeland Security said the woman was allegedly “attempting to run over our law enforcement officers.” The mayor of… pic.twitter.com/y9E5sztjQx
— ABC News (@ABC) January 7, 2026
Des témoins directs livrent un récit différent de la version officielle. À NBC News, Lynette Reini-Grandell explique n’avoir perçu aucune tension préalable avant les tirs. Elle a entendu trois détonations : “coup de feu, coup de feu, détonation, détonation, détonation”. Des images montrent un SUV Honda Pilot manœuvrer alors que des agents s’en approchaient. D’après WCCO, un officier a tenté d’ouvrir la portière avant que la conductrice n’enclenche la marche arrière puis la marche avant. Touchée à la tête, Renee Nicole Good a fini sa course contre un véhicule stationné.
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Peu après, les secours sont appelés mais peinent à arriver sur la scène du drame, d’après NBC News. Des secouristes ont pratiqué un massage cardiaque sur la victime. Blessée à la tête, elle a ensuite été transportée à l’hôpital dans une ambulance, circulant sans sirène, selon certains témoins, preuve pour eux qu’elle était déjà décédée.
Suite au drame, des affrontements ont éclaté entre manifestants et policiers, à Minneapolis. ABC News apporte que la police a utilisé des gaz lacrymogènes et du gaz poivre face aux manifestants. Ces derniers ont lancé des boules de neige sur le dispositif policier en brandissant des pancartes “Shame” [Honte, NDLR].
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Cela à quelques pâtés de maisons de certains des plus anciens marchés d’immigrants, d’après Le Monde, qui s’inquiète d’une escalade de violence dans une ville marquée par la mort de George Floyd, en 2020.

