January 8, 2026

"La culture meurt" : une vidéo virale reprend Orelsan pour dénoncer les coupes budgétaires

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Une vidéo toulousaine, inspirée d’Orelsan, dénonce les baisses de subventions récentes qui menacent le secteur culturel. En trois semaines, elle a déjà captivé plus de 160 000 spectateurs en ligne.

“La culture meurt”, c’est le nom d’une vidéo percutante postée le 18 décembre 2025 sur les réseaux sociaux qui vise à dénoncer les coupes budgétaires qui touchent actuellement le secteur de la culture. Entièrement réalisé à Toulouse, le clip détourne la chanson d’Orelsan, “Basique”, pour pointer du doigt la fragilité de leur écosystème et sensibiliser le public et les décideurs politiques aux conséquences. En trois semaines, il a déjà cumulé plus de 160 000 vues sur Instagram, TikTok et Youtube.

C’est Florine Houssay, comédienne et réalisatrice, qui a eu l’idée de cette reprise. Pour le mettre en œuvre, elle s’est appuyée sur le collectif L’Astrolabe, dont elle fait partie. Cette association “révoltée et engagée” met en relation des personnes pour accompagner des projets audiovisuels, courts-métrages, demandes de subventions, clips et ateliers. “Le texte d’Orelsan va dans le vif du sujet, il est cash, explique-t-elle. Je l’ai repris, en enlevant quelques insultes au passage. J’avais beaucoup aimé la reprise des salariés du CHU de Toulouse, en 2018.”

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Florine est devant et derrière la caméra. Au cœur de ce clip militant, elle chante, le regard planté dans celui des internautes, entourée de figurants, dans un long travelling qui se déroule en partie dans un lieu de spectacle toulousain. “À ce qu’il paraît, pour trouver un boulot, il suffit de traverser la rue / On la traverse tous les jours mais nos tafs ont surtout disparu / Vous dites qu’on est des assistés mais que faites-vous de McKinsey ? / Employés, intermittents, ils coupent nos vivres mais on veut juste du taf.” La formule est directe, efficace.

“Le déclencheur, ça a été de constater l’ampleur des dégâts autour de moi. Certains théâtres, comme le Grand Rond, se demandent comment ils vont continuer. Les bibliothèques et les centres culturels sont touchés. J’ai des amis intermittents qui espéraient travailler cet été et dont les missions sont finalement tombées à l’eau, confie-t-elle. Il y a de plus en plus de structures en péril ou qui ferment. Je me suis dit : on va essayer de faire quelque chose pour informer les gens.”

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Dix mois de préparation ont été nécessaires pour réaliser cette vidéo, avec une quinzaine de personnes à la technique, et une trentaine de figurants, recrutés sur annonce. Depuis sa mise en ligne, les réactions ne manquent pas. “Beaucoup de gens ont ouvert la discussion. La plupart des commentaires, ce sont des soutiens, ajoute Florine Houssay. Il y a aussi ceux à qui il faut expliquer à quoi servent les subventions : elles ne se sont pas là que pour les artistes, elles font vivre aussi un tas de salariés. C’est un moyen d’interpeller et de faire changer les préjugés sur le monde culturel.”

De là à vraiment faire changer les choses ? La réalisatrice en rêve à peine. Mais visibiliser les problématiques du secteur, c’est déjà beaucoup, selon elle. “Ce sont essentiellement des petites structures qui sont touchées par ces restrictions, elles ne font pas beaucoup de bruit. C’est plein de petites gouttes, il faudrait les rassembler pour en faire un océan.”

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