Reportage
Les bombardements israéliens, qui se multiplient dangereusement au Liban, ont déjà tué des centaines de personnes. Ils en ont aussi chassé près d’un million de chez elles. Pendant que l’étau militaire se resserre et que l’occupation du territoire s’étend.
Ce matin du 10 mars, l’église Saint-Antoine-le-Grand déborde. Le tintement des cloches se mêle au bourdonnement métallique des drones israéliens qui, de nuit comme de jour, ne cessent de survoler Beyrouth. Les visages endeuillés affluent pour dire adieu à Sami Youssef al-Ghafri, tué le 8 mars par une frappe israélienne dans le village chrétien d’Alma el-Chaab, à quelques kilomètres de la frontière. La peine circule à voix basse. « Il ne faisait qu’arroser ses plantes », répète Milat, un ami du défunt. Pendant la guerre de l’automne 2024, entre Israël et le Hezbollah, tous deux refusaient de quitter leur village alors que les bombes se rapprochaient. « Nous étions les derniers à partir et les premiers de retour pour rebâtir nos maisons détruites par l’armée israélienne. » Ce matin, parmi ceux qui remplissent l’église se trouvent les derniers habitants d’Alma el-Chaab, évacués sous escorte des blindés de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban). Certains se sont retranchés plus d’une semaine dans le sous-sol de leur église. Ils juraient alors de ne pas quitter leur village.
Au milieu de la foule, le maire d’Alma el-Chaab avance entre les rangées de silhouettes drapées de noir. Lui aussi est arrivé du sud escorté par les casques bleus. Ses traits portent le poids d’une décision qu’il n’aurait jamais voulu prendre. A tous ceux qui viennent lui serrer la main, il martèle …
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