Transports scolaires suspendus, routes fermées, bus au dépôt en Île-de-France… À chaque épisode de neige en France, les conséquences sont importantes pour les usagers sur les routes. Pourquoi notre pays n’est-il pas mieux préparé ?
La France grelotte depuis plusieurs jours. De nouvelles chutes de neige sont tombées, ce mercredi 7 décembre, sur la région parisienne, les Hauts-de-France et le Centre et des pluies verglaçantes étaient présentes sur les régions du Nord et de l’Ouest. C’est en Île-de-France que les conséquences se sont le plus fait sentir : tous les bus de la RATP sont rentrés au dépôt, les transports scolaires sont suspendus dans plusieurs départements franciliens et 140 vols sont annulés dans les aéroports parisiens d’Orly et Roissy. Lundi soir, un nombre record de plus de 1000 km de bouchons ont été recensés en Île-de-France.
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Janvier 2026 restera dans l’histoire des épisodes neigeux importants qui ont en partie paralysé la France, comme décembre 2010, janvier 1987 ou dans une moindre mesure l’hiver 1956.
Pourquoi chaque épisode de neige a-t-il autant de conséquences en France ?
La neige reste difficile à anticiper
Si les prévisions météo se sont grandement améliorées ces dernières années, la neige reste un phénomène complexe à prévoir. Un demi-degré d’écart suffit à transformer une pluie en neige qui tient ou non au sol. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a estimé que l’événement neigeux a été “un peu sous-évalué” et “plus important que ce qui avait été annoncé”.
Cette incertitude sur le maintien ou non de la neige au sol et sa quantité explique pourquoi les autorités ont peut-être pris tardivement, voire n’ont pas pris de décision, sur le déneigement anticipé des routes ou la fermeture précoce des établissements scolaires par exemple. Encore faut-il pouvoir aller chercher son enfant…
Météo France se défend et assure que l’épisode neigeux du lundi 5 janvier a été annoncé dès le samedi 3 janvier et que son intensité a été progressivement précisée dans la journée de lundi. L’organisme météo reconnaît que “les cumuls observés ont été dans les valeurs les plus hautes des prévisions, voire au-dessus dans certaines zones localisées en région parisienne et sur la côte atlantique”.
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S’équiper pour déneiger coûte cher
Les départements situés en zone de montagne sont logiquement équipés pour saler et déneiger les routes. Sur la côte méditerranéenne ou la façade atlantique, où il ne peut neiger qu’une fois tous les 5 ou les 10 ans, l’équipement est moindre et c’est logique. Mais il existe : la Charente-Maritime est équipée de 22 engins de déneigement et de salage ; les Bouches-du-Rhône de 42 camions. À titre de comparaison, le département de l’Essonne dispose de 34 saleuses équipées de lames de déneigement et de 5000 tonnes de sel en stock.
Un véhicule de déneigement équipé de lames et de saleuses coûte entre 150 000 et 200 000 euros, jusqu’à 400 000 euros pour les plus perfectionnés. Une tonne de sel revient à près de 100 euros.
Chaque hiver en France, entre 800 000 et 1,5 million de tonnes de sel sont épandues sur le réseau routier, rappelle France Info.
Le comportement des conducteurs a un rôle essentiel
L’attitude des automobilistes joue un rôle essentiel dans la paralysie des axes de circulation. Sont-ils équipés de pneus toutes saisons ou de pneus été en hiver ? Savent-ils maîtriser leur véhicule en cas de chaussée glissante et de neige ? La France est un pays où l’usage de la voiture individuelle reste fort – en particulier dans les zones périurbaines et à la campagne – et savoir renoncer à sa voiture est parfois difficile. Une fois les voitures bloquées par la neige, difficile pour les engins de déneigement de se frayer un chemin. Or il faut aussi savoir que le sel ne déneige pas. Seule l’évacuation de la neige dégage les routes enneigées.
Le principe de précaution pour les transports scolaires
Depuis les premières chutes de neige, lundi 5 janvier, les transports scolaires ont été suspendus dans plusieurs départements. Peut-on y voir un principe de précaution trop excessif ? La décision revient au préfet de chaque département “en fonction des conditions locales”, indique le ministère des Transports à La Dépêche. “C’est une mesure fréquente en cas d’épisode neigeux, en fonction de l’intensité”.
Des impératifs de sécurité pour les avions
140 vols ont été annulés aux aéroports parisiens d’Orly et Roissy, au départ et à l’arrivée, ce mercredi matin. Une mesure rendue nécessaire par les opérations de déneigement des pistes et de dégivrage des avions, pour des mesures de sécurité, indique le ministre des Transports Philippe Tabarot.

