“On ne pouvait pas rester sans rien faire. Nous voulons montrer notre soutien à la mobilisation à Toulouse”: des élèves du lycée agricole de Pamiers manifestent ce mercredi 7 janvier, sur le rond-point de Gabriélat (Pamiers), contre le protocole sanitaire et l’abattage total des troupeaux, et pour relayer les inquiétudes face au Mercosur.
Un pouce levé en signe de soutien, un large sourire, une automobiliste passe à faible allure, bientôt suivie par un chauffeur de poids-lourd qui klaxonne avec entrain : des élèves du lycée agricole se sont réunis, ce mercredi matin, sur le rond-point de Gabriélat (Pamiers-nord), sur la route qui mène vers Toulouse où manifestent au même moment leurs aînés.
“Nous ne pouvions rester sans rien faire, après la mobilisation de la fin de l’année dernière”, confie Axel, 17 ans, élève de terminale Sciences et techniques de l’agronomie et du vivant. “Nous voulons montrer notre soutien avec les agriculteurs qui manifestent aujourd’hui même, et nous ne pouvons pas y aller”, ajoute-t-il.
“Faire quelque chose, à notre échelle”
“À notre échelle, on essaie de faire quelque chose”, reprend Loan, 17 ans, élève de terminale Polyculture Élevage. “L’abattage total ne sert à rien, il détruit une famille, toute une génération. Pour notre futur, c’est foutu : on n’a plus d’avenir dans l’agriculture. Il faut un abattage partiel”, analyse Valentin, un autre élève. Vers 8 heures, ils étaient une cinquantaine, sur le centre du rond-point, bravant le froid, pour “alerter les automobilistes” et faire connaître leur totale opposition au protocole sanitaire mis en place pour lutter contre la DNC. Ils avaient préparé des tracts en opposition à l’abattage total des troupeaux.

“Rien n’a changé”
“Rien n’a changé”, regrette un lycéen. “Les choses ont même empiré, malgré les mobilisations. Nous ne pouvions pas reprendre les cours, une vie normale… L’élément déclencheur, ça reste l’abattage total, mais nous sommes inquiets pour notre profession”, ajoute-t-il. Certains s’interrogent également sur le salon de l’agriculture : “Le boycott, ce serait bien. Il ne faut pas monter” pense Axel. “Il n’y aura pas de bovins”, ajoute-t-il.
“Si cette maladie est aussi dangereuse que ça, aller au salon, ce serait la propager. Et si on veut se faire entendre, il ne faut pas y aller, pour qu’on nous écoute. Et c’est mon opinion : qu’aucun lycée agricole de France n’y participe, même si c’est une belle expérience”, reprend Lucas, un autre élève.

Les cours assurés
Au lycée, les cours étaient assurés ce mercredi. “Il y a la pression des parents, des cours qui ont été ratés en fin d’année. Je comprends”, conclut un lycéen. Enfin, des barrages filtrants pourraient être mis en place dans la journée, mais aucun blocage n’est prévu.

