Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky à Paris, le 6 janvier 2026. LUDOVIC MARIN / AFP
Les 35 pays de la « Coalition des volontaires » ont validé ce mardi 6 janvier la « déclaration de Paris » détaillant des « garanties de sécurité robustes pour une paix solide et durable » en Ukraine, a annoncé Emmanuel Macron, qui a salué une « convergence opérationnelle » entre ses membres. Une annonce saluée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Ces garanties doivent entrer en vigueur une fois un cessez-le-feu établi et afin de protéger l’Ukraine contre une nouvelle attaque de la Russie, que Kiev perçoit comme certaine.
• Déploiement d’une force multinationale après un cessez-le-feu
Les garanties de sécurité que les pays, essentiellement européens, de la coalition prévoient d’apporter avec le soutien américain après une hypothétique fin des hostilités sont « la clef pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l’Ukraine » de la part de la Russie, a expliqué Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse.
Cette déclaration commune, signée près de quatre ans après le début de l’invasion russe en février 2022, intègre notamment des « mécanismes de surveillance » du cessez-le-feu placés sous « leadership américain », a détaillé le président français. Des dispositifs « de solidarité et d’intervention » en cas de nouvelle attaque russe sont également prévus, sans que l’on sache précisément à quel niveau les Américains s’impliqueraient dans cette hypothèse.
Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et Volodymyr Zelensky ont signé une déclaration d’intention sur le déploiement d’une force multinationale « dans les airs, les mers, sur le sol » après un cessez-le-feu en Ukraine, perspective qui reste néanmoins lointaine. Cette force, à l’étude depuis plusieurs mois, doit « apporter une forme de réassurance le jour d’après le cessez-le-feu », a déclaré Emmanuel Macron. Sur France 2, le chef de l’Etat a assuré qu’il s’agissait d’une force pour garantir la paix, évoquant « plusieurs milliers d’hommes ». Par ailleurs, la France partipera à la « régénération » de l’armée ukrainienne : « plusieurs milliers » de soldats français pourraient être déployés en Ukraine pour maintenir la paix.
Le chef de l’Etat a également annoncé la mise en place d’« une cellule de coordination qui permettra d’intégrer pleinement l’ensemble des armées compétentes et qui permettra la coordination entre la coalition des volontaires, les Etats-Unis d’Amérique et l’Ukraine ».
• Une participation à distance de l’armée allemande
Les troupes allemandes pourraient participer à la force multinationale, une fois un cessez-le-feu conclu avec la Russie, mais dans un pays membre de l’Otan, voisin de l’Ukraine, a de son côté déclaré Friedrich Merz. « L’Allemagne s’engagera sur les plans politique, financier et militaire. Cela peut inclure par exemple l’envoi de forces pour l’Ukraine sur le territoire voisin de l’OTAN après un cessez-le-feu », a dit le chancelier allemand, après la réunion à Paris de la « Coalition des volontaires ». Une fois un accord trouvé sur la mise en place d’une force internationale « soutenue » par des moyens militaires américains, le gouvernement et le parlement « décideront de la nature et de l’étendue de la contribution allemande », a-t-il déclaré, ajoutant que pour l’instant, Berlin « n’excluait aucune option ».
« Nous devrons sûrement faire des compromis » pour atteindre la paix en Ukraine, a déclaré le chancelier allemand. « Nous ferons tout notre possible, avec ténacité, réalisme et clairvoyance, pour parvenir au meilleur résultat possible, à savoir un cessez-le-feu stable, une garantie de sécurité solide et une paix en Europe qui lie étroitement l’Ukraine et les Européens et que nous construirons ensemble », a-t-il ajouté.
• Meloni réitère son refus d’envoyer des troupes italiennes au sol
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a pour sa part déclaré avoir informé les alliés européens de l’Ukraine et les envoyés américains qu’elle excluait l’envoi de troupes italiennes au sol. « En réaffirmant le soutien de l’Italie à la sécurité de l’Ukraine, conformément à ce qui a toujours été fait, la présidente (du conseil) Meloni a rappelé certains points clefs de la position du gouvernement italien sur la question des garanties, en particulier l’exclusion de l’emploi de troupes italiennes au sol », a indiqué son bureau dans un communiqué.
La dirigeante d’extrême droite soutient résolument l’Ukraine mais a répété à de nombreuses reprises que Rome n’enverrait pas de troupes pour défendre un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie.
• Zelensky salue des « documents substantiels »
Le président ukrainien a applaudi l’élaboration de « documents substantiels » sur les garanties de sécurité occidentales pour l’Ukraine. « Il est important que la coalition dispose aujourd’hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles », a déclaré Volodymyr Zelensky, se félicitant de « contenu concret » démontrant une détermination à « œuvrer pour une sécurité réelle ».
• Les garanties « en grande partie finalisées », se félicite Witkoff
Les garanties pour la sécurité future de l’Ukraine ont été en « grande partie finalisées » et permettent aux Ukrainiens de savoir que lorsque ce conflit prendra fin, « ce sera définitivement », a salué l’émissaire de Donald Trump Steve Witkoff. « Cela ne signifie pas que nous allons aboutir à la paix, mais la paix ne serait pas possible sans les progrès réalisés ici aujourd’hui », a estimé Jared Kushner, le gendre du président américain, lors d’une conférence de presse commune à l’issue du sommet de la Coalition.

