Même si l’année 2026 ne s’ouvre pas sous les meilleurs auspices avec l’intervention américaine au Venezuela, puisse-t-elle être celle qui verra la guerre contre l’Ukraine s’arrêter dans des conditions acceptables pour l’Ukraine et l’Europe. Et dans la foulée, celle où Vladimir Poutine perdra le pouvoir en Russie et sera livré ensuite à la Cour pénale Internationale pour y être jugé. Une fois les combats arrêtés, souhaitons aussi que les Etats européens se décident à déployer immédiatement des troupes en Ukraine et dans les pays baltes pour garantir de façon pérenne la paix et leur indépendance.
Aux Etats-Unis, souhaitons que Donald Trump soit battu aux « midterms » (les élections de mi-mandat) en novembre prochain tant à la Chambre des Représentants qu’au Sénat et qu’une procédure d’impeachment puisse être engagée ensuite. Le Congrès des Etats-Unis décidant alors de rejoindre l’accord de Paris, relançant ainsi la lutte contre le changement climatique à l’échelle mondiale. Tandis qu’il faut aussi souhaiter qu’en attendant, l’Union européenne se décide enfin à tenir tête fermement à Donald Trump et aux oligarques de la tech qui le soutiennent, en particulier sur la régulation des plateformes.
Au Moyen-Orient, souhaitons que Benyamin Netanyahou perde enfin le pouvoir en Israël et soit mis dans la foulée en prison pour corruption avant d’être transféré à La Haye pour être jugé pour génocide par la Cour pénale internationale. Espérons également que l’Union européenne se décide enfin à sanctionner les dirigeants israéliens qui tiennent des propos génocidaires, à interdire les exportations d’armes vers Israël et à suspendre l’accord d’association avec ce pays tant que les dirigeants israéliens ne démantèleront pas les colonies illégales en Cisjordanie, les soldats israéliens ne quitteront pas Gaza et l’Etat israélien ne libérera pas les prisonniers palestiniens.
Espérons par ailleurs que la dictature des mollahs iraniens achève enfin de s’effondrer cette année. C’est l’un des souhaits de cette liste qui semble avoir le plus de chance de se réaliser rapidement… En Chine, on peut aussi espérer que la dictature de Xi Jinping finisse par s’affaiblir du fait de la conjonction de ses mauvais résultats économiques et des multiples rancœurs causées par les purges au sein du PCC. Tandis qu’en Europe, Viktor Orban a de bonnes chances d’être enfin chassé du pouvoir en Hongrie lors des élections prévues en avril prochain.
En France, on peut escompter que Marine Le Pen soit définitivement condamnée et il ne serait pas surprenant que les clans Le Pen et Bardella se mettent ensuite à se déchirer pour le contrôle du Rassemblement national pendant que la bulle spéculative Bardella commencera à se dégonfler au vu de l’inanité du personnage… On peut espérer aussi que la gauche résistera mieux qu’escompté pour l’instant lors des élections municipales de mars prochain, notamment à Paris. Et souhaitons que, dans la foulée, la gauche non mélenchoniste réussisse à s’entendre pour établir un programme de gouvernement, présenter ensemble des candidats uniques aux législatives et désigner un.e candidat.e unique à la présidentielle. Espérons également que le mode de scrutin législatif pourra (enfin) être modifié cette année pour instaurer la proportionnelle en France comme c’est le cas chez tous nos voisins. Tandis qu’une large partie du « bloc central » se décidera enfin à rompre avec celles et ceux qui en leur sein sont tentés par rejoindre l’« Union des droites » pour se rallier franchement à une logique de « front républicain » avec la gauche afin d’empêcher ensemble la victoire de l’extrême droite en 2027.
Oui je sais : cette liste de vœux est longue et les chances sont infimes que tous se réalisent. Mais même si c’est le cas seulement d’une petite partie d’entre eux, le monde (et nous) se portera déjà mieux. Et pour la partie qui dépend le plus directement de nous, travaillons-y d’arrache-pied…
BIO EXPRESS
Guillaume Duval, coprésident du club Maison commune et ex-rédacteur en chef d’« Alternatives économiques », a été speechwriter de Josep Borrell, ancien haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité et ex-vice-président de la Commission.
Cet article est une carte blanche, rédigée par un auteur extérieur
au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

