January 6, 2026

"C’était pour faire peur", se défend l’individu qui avait tiré au fusil sur la façade d’une boîte de nuit

l’essentiel
Le Villeneuvois qui avait tiré sur la discothèque de Casseneuil, dans le Lot-et-Garonne, a été condamné par le tribunal judiciaire d’Agen ce lundi 5 janvier.

“À ce moment-là, c’est un mouvement de panique qui se crée. Une cinquantaine de personnes s’amassent dans un coin de l’établissement. On peut imaginer ce qu’elles ressentent quand elles entendent ces tirs”, illustre la représentante du ministère public. Les agissements du prévenu – que celui-ci ne cherche pas à contester à la barre du tribunal judiciaire d’Agen ce lundi 5 janvier – avaient sérieusement perturbé le déroulé de la nuit du 8 au 9 novembre 2025 dans la discothèque la Grange, à Casseneuil.

Offensé d’avoir été expulsé de la boîte de nuit en raison de ses comportements inappropriés, impulsés par un état d’alcoolisation avancé, le Villeneuvois de 33 ans serait revenu aux abords de l’établissement environ une demi-heure après l’avoir quitté. Dans un esprit de vengeance envers l’agent de sécurité l’ayant rejeté et surtout, armé d’un fusil à canon scié.

Il est 2 heures 57 quand les gendarmes reçoivent le coup de fil d’un fêtard de la discothèque. Des coups de feu viennent d’être entendus depuis l’intérieur. Un homme, armé, a été repéré sur les caméras de vidéosurveillance par les propriétaires des lieux, qui se sont empressées de confiner l’ensemble des personnes présentes jusqu’au départ de l’assaillant. A posteriori, des impacts de balle sont constatés sur la façade.

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Fusil introuvable

Alors, qu’a-t-il pu bien se tramer dans l’esprit de cet homme, jusqu’au moment de son passage à l’acte ? “Du jour au lendemain, j’ai été licencié. Alors, j’ai commencé à boire. Je n’étais pas bien. Les coups de fusil, c’était pour faire peur”, justifie, l’air penaud, le trentenaire rappelé à l’ordre par la présidente du tribunal. “Avez-vous conscience que quelqu’un aurait pu se trouver derrière ?”, questionne la magistrate.

Le suspect étant rapidement appréhendé, son domicile est perquisitionné. L’arme du délit n’y est pas retrouvée et son propriétaire, qui assure s’en être délesté après les faits, ne serait toujours pas en mesure d’en livrer la localisation. “Je l’ai jetée dans un fossé. Où, je ne m’en souviens plus”, assure-t-il.

Peine mixte

La voiture du prévenu est quant à elle découverte, l’un des quatre pneus crevé, stationnée sur le parking du commissariat de police de Villeneuve-sur-Lot. L’homme s’y est rendu dans sa fuite de la boîte de nuit et, étant dans un état d’ivresse manifeste, a été placé en isolement durant le reste de la nuit.

“Quand il quitte l’établissement, il appelle le 15, puis le 17. Il se rend ensuite au commissariat. Dans n’importe quelles circonstances, une personne qui a tout ses esprits n’aurait pas fait cela. Dans son geste, le caractère intentionnel est totalement effacé par les 2 litres de vodka, et celui de whisky, ingurgités”, plaide son conseil, Maître Guy Debuisson.

En récidive, le Villeneuvois a été condamné à trois ans d’emprisonnement dont un avec sursis, à une obligation de travail et de soins. Il lui est interdit de détenir une arme et de fréquenter les établissements de nuit.

En guise de dommages et intérêts, il devra verser à la gérante de la discothèque, qui s’était vue prescrire deux jours d’ITT pour un stress post-traumatique, 1 000 euros au titre du préjudice moral, et 2 760 euros pour les dégâts causés sur la devanture de son commerce.

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