Des militaires devant le tribunal de New York, le 5 janvier 2026. ANTHONY BEHAR/SIPA USA/SIPA
Pour aller plus loin
Deux jours après avoir été capturé par les autorités américaines, le président vénézuélien, Nicolás Maduro, comparaît devant le tribunal fédéral de New York pour une première audience préliminaire, lundi 5 janvier. Le juge Alvin K. Hellerstein présidera l’audience. Un juge au profil atypique, nommé en 1998, il y a près de trente ans, par un président démocrate.
1. Une première audience pour Maduro
La première audience est prévue lundi à 12 heures (18 heures à Paris). Le juge Hellerstein détaillera formellement à Nicolás Maduro les charges fédérales qui pèsent contre lui. Le dirigeant vénézuélien déchu devra répondre de quatre chefs d’accusation, notamment pour « narcoterrorisme », ainsi que détention d’armes automatiques.
Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores sont également accusés de s’être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie, que Washington considère comme « terroriste », ainsi qu’à des cartels criminels pour « acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis ». Alvin Hellerstein devra statuer au cours de l’audience sur la poursuite de la détention de Nicolás Maduro dans l’attente des prochaines étapes de la procédure. Le calendrier judiciaire devra également être fixé.
2. Nommé par Bill Clinton
Nommé en 1998 par l’ancien président démocrate Bill Clinton, Alvin Hellerstein figure, à 92 ans, parmi les magistrats fédéraux les plus âgés encore en fonction. Il continue de siéger sur des dossiers majeurs mêlant criminalité internationale, terrorisme, sécurité nationale et litiges financiers complexes. Il reste une référence au sein de la cour de Manhattan, souvent considérée comme la plus influente du pays.
3. Dossiers médiatiques
Le dossier Maduro s’ajoute à la longue liste des affaires très médiatisées que le juge Hellerstein a instruites au fil de sa carrière. Il a notamment présidé des contentieux civils liés aux attentats du 11 septembre 2001 et rendu des décisions remarquées dans des procès impliquant des personnalités publiques. En avril 2019, il a rejeté 17 chefs d’accusation, dans l’affaire Harvey Weinstein mais a autorisé la poursuite de l’affaire jusqu’au procès.
Il a également présidé le procès de la fondatrice de start-up Charlie Javice et l’a condamnée, en septembre 2025, à sept ans de prison pour avoir escroqué JPMorgan Chase de 175 millions de dollars (environ 149 millions d’euros). Récemment, Alvin Hellerstein a aussi, par deux fois, refusé la demande de Donald Trump, mis en examen pour le paiement d’une indemnité non déclarée à l’ancienne actrice X Stormy Daniels, de transférer le dossier devant une cour fédérale.
4. « Alien Enemies Act »
Le juge Hellerstein s’est également illustré par des jugements concernant les politiques migratoires américaines, rappelant à plusieurs reprises l’importance du respect du droit à un procès équitable. Il a statué au mois de mai que l’invocation de l’« Alien Enemies Act » de 1798 (loi américaine sur les ennemis étrangers) par l’administration Trump était invalide et inconstitutionnelle dans le cadre de la déportation de migrants vénézuéliens présumés être membres d’un gang.
5. Hugo « El Pollo » Carvajal
Le juge connaît bien les arcanes des dossiers vénézuéliens. Il a déjà été amené à se prononcer sur des affaires impliquant des figures du chavisme, dont celle de l’ex-chef du renseignement militaireHugo Carvajal, dit « El Pollo », extradé vers les Etats-Unis pour répondre d’accusations de narcotrafic.

