À la veille d’une reprise annoncée de la mobilisation agricole, le Premier ministre Sébastien Lecornu a publié une lettre ouverte adressée aux agriculteurs dans la presse régionale, le dimanche 4 janvier.
À la veille d’une reprise annoncée de la mobilisation agricole, le Premier ministre Sébastien Lecornu a publié, dimanche 4 janvier, une lettre ouverte adressée aux agriculteurs dans la presse quotidienne régionale. Son objectif : reconnaître le malaise du monde agricole et détailler les engagements du gouvernement avant les rencontres prévues avec les syndicats à Matignon.
Un sentiment d’injustice reconnu par l’exécutif
Dès les premières lignes, Sébastien Lecornu reconnaît le profond malaise qui traverse la profession agricole. Il évoque “une injustice profonde”, “une iniquité structurelle” et “un empilement de règles venues de loin” qui auraient parfois perdu leur bon sens. Le Premier ministre assure que le gouvernement ne minimise pas ce sentiment et qu’il le partage, affirmant vouloir en tirer des conséquences politiques concrètes.
Mettre fin aux “deux poids deux mesures”
Le chef du gouvernement fixe une ligne claire : rétablir l’équité entre les agriculteurs français et leurs concurrents. “Mettre fin aux deux poids deux mesures” devient la “boussole” de l’action gouvernementale. Il promet de supprimer ou d’adapter certaines règles qui pénalisent l’agriculture française sans garantir, selon lui, une protection efficace de l’environnement ou de la santé publique.
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Simplification administrative et allègement des contraintes
Parmi les mesures déjà engagées, Sébastien Lecornu cite la mise en place d’un contrôle administratif unique, la réduction des délais de recours, l’allègement des obligations liées à la politique agricole commune et de ses charges administratives. Il insiste également sur la reconnaissance de la bonne foi des agriculteurs et sur la fin des sanctions automatiques jugées disproportionnées.
Un budget de la PAC sanctuarisé
Sur le plan européen, le Premier ministre se veut rassurant. Il affirme que le budget de la PAC ne baissera pas, ni à court ni à long terme, garantissant qu’il n’y aura “pas un centime de moins” pour le revenu agricole. Il rejette toute renationalisation de la PAC et assure que la France défendra ce cap à Bruxelles.
Accords commerciaux et importations sous surveillance
Concernant les accords de libre-échange, notamment celui avec le Mercosur, Sébastien Lecornu promet qu’ils seront combattus dès lors qu’ils sont jugés déséquilibrés. Il annonce la prise prochaine d’arrêtés visant à suspendre l’importation de certaines denrées en provenance d’Amérique du Sud, comme les fruits et légumes contenant des résidus de substances interdites en Europe. Les contrôles aux frontières et sur le territoire national seront “massivement renforcés”, avec un principe affiché : mêmes normes et mêmes contrôles pour tous.
Eau, équipements et soutien aux exploitations
Le Premier ministre annonce également un renforcement des moyens dédiés à la gestion de l’eau. Le fonds de soutien aux équipements hydrauliques agricoles verra sa dotation multipliée par trois afin d’accompagner davantage de projets sur le territoire.
Face à l’ampleur de la crise, Sébastien Lecornu n’exclut pas le recours à une loi exceptionnelle. Celle-ci devrait toutefois être construite avec l’ensemble des forces politiques afin de permettre une adoption rapide et efficace.
Un combat annoncé au niveau européen
Enfin, le chef du gouvernement aborde le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, dont l’entrée en vigueur pourrait entraîner une hausse des coûts pour les agriculteurs, notamment sur le prix des engrais. Il affirme avoir saisi la présidente de la Commission européenne pour obtenir une neutralisation temporaire de ses effets négatifs et promet un travail “politique et non technocratique”.

