Demi Vollering, sacrée sur le Tour de France 2023, brise le tabou : la championne révèle l’impact de ses menstruations ses performances, rejoignant le combat de Veronica Ewers et de la championne du monde 2025 Magdeleine Vallières pour la santé des athlètes féminines.
Elles sont de plus en plus à prendre la parole à ce sujet. Début décembre 2025, Veronica Ewers décidait de mettre sur pause sa carrière de cycliste professionnelle à l’âge de 31 ans. “Je n’ai pas eu mes règles depuis 2014” confiait notamment l’Américaine, 9e du Tour de France 2022, dans un communiqué. “Mon corps a besoin d’une réinitialisation complète avant de pouvoir être à son meilleur” avait-elle également indiqué.
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À l’occasion d’un entretien croisé pour De Telegraaf avec Leontien van Moorsel, championne olympique des JO de Sydney et quadruple championne du monde, la coureuse néerlandaise Demi Vollering a, elle aussi, eu l’occasion d’évoquer ce sujet tabou des menstruations dans le sport de haut niveau. “En général, trois ou quatre jours avant mes règles, je roule vraiment mal” a indiqué la jeune femme de 29 ans, sacrée lors du Tour de France 2023.
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“Aux Mondiaux (de Kigali, en septembre 2025, NDLR), j’étais moins bien parce que mes règles devaient arriver. Je retenais de l’eau, mon pouls matinal était plus élevé. Et dans l’avion du retour, j’ai finalement eu mes règles” a lancé la double championne sur la Vuelta (2024 et 2025), deuxième du Tour de France 2025 derrière la Française Pauline Ferrand-Prévot, dont l’extrême maigreur avait été critiquée.
“Ce n’était pas normal”
Magdeleine Vallières, qui était justement devenue championne du monde de cyclisme sur route en septembre dernier à Kigali, avait fait écho à l’annonce de Veronica Ewers peu après son sacre mondial. Freinée de nombreuses années par des troubles alimentaires, la Canadienne avait annoncé avoir été accompagnée à ce sujet dès son arrivée en 2022 sous les couleurs de EF Education-Oatly.
“Ç’a pris un an avant de retrouver un bon état d’esprit avec la nourriture. Anna, la nutritionniste de l’équipe, m’a dit que ça devenait une priorité d’avoir de nouveau mes règles et c’était mon souhait, car je savais que ce n’était pas normal” avait indiqué la native de Sherbrooke (Québec) dans les colonnes de L’Équipe. Elle l’assure, ses performances ne sont plus les mêmes depuis qu’elle a “retrouvé (s) es règles”.
Un titre de championne d’Europe
Ce n’est pas Demi Vollering qui dira le contraire. “À Kigali, c’était un combat en montée, mais dans le sud de la France, ce frein avait disparu” a indiqué la Néerlandaise, devenue championne d’Europe au début du mois d’octobre, quelques jours seulement après son retour du Rwanda. “Juste après (ses règles, NDLR), je perds un kilo, c’est fou. Les hormones se rééquilibrent, l’œstrogène se libère, et on a un vrai boost d’énergie”.
Avant Demi Vollering de conclure : “Aujourd’hui, on en parle et on écrit dessus. Je suis heureuse qu’on écoute et que d’autres femmes s’expriment. Plus il y a d’ouverture, plus il y a de compréhension du fonctionnement du corps féminin et du fait qu’on ne peut pas toujours être au sommet, parce que le corps en décide autrement à ce moment-là.”

