Une série de frappes américaines a touché le Venezuela, et notamment son grand complexe militaire de Fuerte Tiuana, dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026. STR / AFP
« Je l’ai regardée littéralement comme j’aurais regardé une émission télévisée. » Donald Trump a raconté samedi 3 janvier avoir suivi en direct les forces américaines capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro. L’apogée d’une opération méticuleusement préparée depuis « des mois », a fièrement expliqué de son côté le général Dan Cain, chef d’état-major américain, en détaillant ce qu’il voulait bien dire du déroulement du raid « Absolute Resolve » (« Détermination absolue »).
• Des espions à Caracas depuis août
Des agents du renseignement américain surveillaient depuis août le moindre geste de l’héritier de Hugo Chavez, qui selon la presse changeait régulièrement de domicile sur fond de tensions croissantes avec Washington. Les services secrets voulaient « comprendre comment il se déplaçait, où il vivait, où il voyageait, ce qu’il mangeait, ce qu’il portait, quels étaient ses animaux de compagnie », a résumé le général Dan Caine, le chef d’état-major américain.
La mission a nécessité des mois de planification et de répétitions « minutieuses ». Les forces américaines ont même construit une réplique de la maison où séjournait Nicolas Maduro.
L’armée américaine était prête début décembre mais a attendu que les événements « s’alignent », en particulier en termes de météo. Le milliardaire républicain a dit qu’il avait initialement ordonné la mission il y a quatre jours mais avoir attendu de bonnes conditions.
• Avions de chasse, drones et hélicos « d’extraction »
Vendredi 2 janvier, à 22h46 à Washington, Donald Trump a donné son feu vert. « Il nous a dit – et nous lui en sommes reconnaissants Monsieur le président – “bonne chance et bon vent” », a déclaré le général Caine. Plus de 150 appareils américains décollaient alors de bases terrestres et maritimes, avions de chasse, avions de reconnaissance, drones et hélicoptères.
Les hélicoptères transportant la « force d’extraction » spéciale pour le président vénézuélien sont partis dans l’obscurité, volant à quelques dizaines de mètres au-dessus de la surface de l’océan, a ajouté le chef d’état-major. Les avions de chasse ont assuré la couverture aérienne tandis que les capacités satellitaires et cybernétiques américaines bloquaient les radars vénézuéliens.
• Premières explosions
Les premières explosions ont commencé à secouer Caracas peu avant 2 heures, selon les correspondants de l’AFP. Alors que le monde se demandait s’il s’agissait du début d’une campagne de bombardements à grande échelle, les avions américains ont frappé les défenses aériennes vénézuéliennes afin de permettre aux hélicoptères d’atteindre leur cible.
« Ils savaient qu’on arrivait », a assuré Donald Trump, faisant référence à la montée des tensions ces derniers mois. « Mais ils ont été complètement dépassés et très rapidement neutralisés », a-t-il poursuivi.
Un hélicoptère américain a été touché mais a pu rentrer sur sa base. A 2h01 locales, les hélicoptères se posaient dans l’enceinte où se trouvait Nicolas Maduro.
Sur cette image postée par Donald Trump sur son réseau Truth Social, le président américain suit le déroulement de l’opération contre le président vénézuelien Nicolas Maduro, dans son palace de Mar-a-Lago, en Floride, en compagnie du secrétaire à la Défense Pete Hegseth et du directeur de la CIA John Ratcliffe. HANDOUT / AFP
• Maduro capturé dans sa « forteresse »
Donald Trump a raconté avoir suivi les événements en direct. Les photos publiées par la Maison-Blanche le montrent assis dans une salle de crise improvisée dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, en compagnie du chef du Pentagone Pete Hegseth, du secrétaire d’Etat Marco Rubio, du directeur de la CIA John Ratcliffe et du général Caine.
« Je l’ai regardée [l’opération] littéralement comme si je regardais une émission de télévision », a dit le président américain à Fox and Friends, décrivant la résidence de son homologue vénézuélien comme « une forteresse ». « Il y avait des portes en acier, il y avait ce qu’on appelle une pièce sécurisée avec de l’acier massif. Il n’a pas réussi à fermer cet endroit, il essayait d’y entrer mais il a été pris si rapidement qu’il n’y est pas parvenu, a-t-il encore dit à Fox News. On était équipés de chalumeaux puissants pour percer l’acier mais on n’en a pas eu besoin. »
Donald Trump a ajouté qu’aucun Américain n’avait été tué, affirmant que le dirigeant chaviste « aurait pu l’être » s’il avait tenté de résister.
• Emoji biceps & première photo de Maduro menotté
« Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus sans résister et ont été placés en détention par le ministère de la Justice », a ajouté le général Caine. Ils sont poursuivis aux Etats-Unis pour « narcoterrorisme et importation de cocaïne ».
Les hélicoptères américains ont survolé le littoral vénézuélien à 3h29 et le couple a été embarqué à bord du navire de guerre USS Iwo Jima. Puis, Donald Trump a annoncé l’opération sur Truth social à 4h21 heure de Washington.
Un responsable de la Maison-Blanche envoyait peu après à un journaliste de l’AFP un message composé d’émojis – biceps gonflé, poing et feu. Donald Trump publiait dans la foulée la première photo d’un Nicolas Maduro menotté, les yeux bandés, casque anti-bruit sur les oreilles.
Nicolas Maduro, menotté et les yeux bandés, à bord du navire américain USS Iwo Jima. La photo a été postée ce samedi 3 janvier par Donald Trump sur son réseau social. HANDOUT / AFP
Quelques heures plus tard, le président vénézuelien était écroué à New York avec sa femme. Il doit comparaître à une date indéterminée devant un juge américain, pour répondre notamment de « narcoterrorisme » et d’importation de cocaïne aux Etats-Unis.

