Des déchets calcinés, des plaques suspectes et des résidus encore fumants : à Cazères, le passage des agriculteurs mobilisés contre la dermatose laisse derrière lui un paysage inquiétant. Alors que les autorités n’ont pas encore communiqué sur la nature exacte des matériaux abandonnés, la situation ravive le souvenir d’épisodes similaires survenus récemment dans le Tarn.
Des plaques ondulées brisées, des morceaux de fibrociment calcinés, des bâches noircies et des tas de cendres encore fumantes. Sur le rond-point de la sortie 23 de l’A64, à Cazères, le décor tranche avec l’image habituelle de cette entrée d’autoroute. Après le passage des agriculteurs mobilisés ces derniers jours, des déchets potentiellement amiantés jonchent toujours le sol, suscitant inquiétudes et interrogations.

Ces vestiges sont les traces d’une mobilisation menée mardi dernier par les syndicats agricoles de Haute-Garonne. Ce jour-là, plusieurs dizaines d’exploitants ont bloqué les accès à l’A64 pour dénoncer la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, l’abattage des troupeaux et, plus largement, les contraintes qu’ils jugent intenables pour leur profession. Des pneus, de la paille et divers matériaux ont été brûlés sur les ronds-points, tandis que la circulation était interrompue pendant plusieurs heures.

Un précédent à Albi
L’action, présentée comme ponctuelle, n’a duré qu’une journée. Mais elle laisse derrière elle des traces visibles. Parmi les déchets abandonnés figurent des éléments assimilables à de l’amiante, un matériau dangereux lorsqu’il est dégradé ou brûlé.
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Interrogée, la préfecture de la Haute-Garonne indique qu’aucune décision n’a encore été prise à ce stade, mais précise que si une plainte devait être déposée, elle le serait par le conseil départemental, compétent en matière de gestion de la voirie concernée.
Cette situation n’est pas sans rappeler ce qui s’est produit récemment dans le Tarn. À Albi, après plusieurs jours de mobilisation agricole sur la RN 88, les services de l’État avaient découvert d’importantes quantités de déchets, dont des matériaux amiantés, abandonnés sur la chaussée. Le préfet du Tarn avait alors annoncé le dépôt d’une plainte, évoquant des risques sanitaires et environnementaux majeurs et la nécessité d’importantes opérations de nettoyage avant la réouverture complète de l’axe.

