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Le Nouvel Obs avec AFP
Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du Nouvel An depuis le palais de l’Elysée, à Paris, le 31 décembre 2024. KIRAN RIDLEY/AFP
Des menaces pesant sur l’Europe aux enjeux sociétaux sur la fin de vie et l’internet, Emmanuel Macron, confronté à une impopularité record, présentera ce mercredi 31 décembre à 20 heures ses vœux aux Français pour 2026, sa dernière année pleine à l’Elysée, dont il entend faire « une année d’action » malgré ses faibles marges de manœuvre.
2026 sonne un peu comme le crépuscule pour le chef de l’Etat, très entravé depuis le pari manqué de la dissolution de l’Assemblée nationale de 2024 et qui, après deux quinquennats, ne peut se représenter.
A plus d’un titre, la séquence qui s’ouvre s’annonce inédite, des municipales de mars au verdict sur l’inéligibilité de Marine Le Pen à l’été, qui donnera de facto le coup d’envoi de la campagne pour 2027. Un scrutin que le Rassemblement national abordera pour la première fois en position de force, et où le camp présidentiel doit encore identifier son candidat.
« Le problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il sort du jeu. Tout le monde est dans le coup d’après », résume un ténor de droite. Un constat que le président est bien décidé à démentir jusqu’au bout, malgré les appels réguliers à sa démission dans un pays bloqué par l’absence de majorité et un domaine réservé largement circonscrit à la scène internationale.
« Ce seront ses derniers vœux d’année pleine mais justement c’est tout sauf des vœux d’immobilisme et de rétrospective. Il va vouloir montrer que 2026 sera une année d’action et une année utile », déroule-t-on dans son entourage.
« L’an prochain sera un moment décisif »
Avec trois priorités pour lui sur la scène intérieure : l’instauration d’un service militaire volontaire, la régulation des réseaux sociaux, notamment auprès des jeunes, et une loi sur la fin de vie. « Ce n’est pas des sujets qui pèsent léger dans un bilan présidentiel », veut croire un proche.
Près de quatre ans après le début de la guerre en Ukraine et alors que les efforts en faveur de la paix du président américain Donald Trump peinent à se concrétiser, la situation géopolitique de l’Europe sera aussi au cœur de son allocution. « C’est à la fois son domaine réservé, et ce encore plus depuis un an et demi [et la dissolution]. L’an prochain sera un moment décisif pour ce qu’il défend depuis toujours : la capacité de l’Europe d’assurer par elle-même sa sécurité », pointe son entourage.
Début janvier, la « coalition des volontaires », constituée en grande partie d’Européens, se réunira à Paris pour « finaliser » les garanties de sécurité qu’elle accordera à l’Ukraine, une fois un cessez-le-feu acquis, dont le déploiement de forces dans ce pays.
Le chef de l’Etat pourrait aussi évoquer la dissuasion nucléaire, alors que Paris et Londres ont déjà acté un rapprochement d’ampleur en la matière et que des discussions sont à l’étude sur un possible élargissement de ce parapluie à d’autres pays européens.
Le recours au référendum, une idée jamais concrétisée
Dans l’immédiat, les Français sont surtout sensibles à l’instabilité politique, l’événement le plus marquant de l’année pour 47 % d’entre eux devant les problèmes de pouvoir d’achat ou le conflit en Ukraine, selon un sondage Odoxa-Backbone publié par « le Figaro ».
Emmanuel Macron est avant tout jugé à l’aune des « enjeux nationaux », renchérit Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna/Harris, en pointant une cote de confiance présidentielle de nouveau à son plus bas en décembre, avec seulement 25 % d’avis favorables.
Mais durant ses vœux, le chef de l’Etat devrait laisser les « affaires gouvernementales au gouvernement » et se contenter de réitérer son appel à la culture du « compromis » entre forces politiques, indique-t-on dans son entourage.
Soucieux de continuer à exister sur la scène intérieure, Emmanuel Macron est surtout monté en première ligne contre les dérives des réseaux sociaux, à coups de débats publics à travers l’Hexagone, et contre le fléau du narcotrafic.
Mais après avoir promis de demander aux Français de « trancher » sur des sujets « déterminants » lors de ses derniers vœux, il n’a jamais dégainé l’arme du référendum. « Vu l’instabilité gouvernementale, c’est compliqué », mais « c’est un outil qu’il garde dans sa manche », relève un proche du chef de l’Etat.

