January 1, 2026

"Une crise globale" qui ne change rien à ses plans… Pourquoi ce joueur du Castres Olympique reste convaincu de sa future reconversion

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Issu d’une famille d’anciens éleveurs, le pilier du CO Loïs Guérois a évidemment été affecté par la crise de la dermatose nodulaire et le contexte difficile du milieu agricole. Sans que cela ne remette en doute son choix de reconversion dans cet univers.

Lui ne vit pas toujours ses vacances comme la plupart de ses homologues. Le repos, oui, il le prend. Mais au cœur de ses congés, l’aide tient une place prépondérante. Celle qu’il prend plaisir à apporter à son père dans sa petite ville natale de Loches, en Indre-et-Loire.

Le pilier castrais suit de près les chamboulements qui touchent le monde rural.
Le pilier castrais suit de près les chamboulements qui touchent le monde rural.
DDM – EMILIE CAYRE

Quand on est aussi proche de la terre que Loïs Guérois, qui a grandi au sein d’une famille d’agriculteurs, on est forcément touché par l’agitation qui a régné ce mois de décembre quant à la dermatose nodulaire et les abattages de bovins prononcés par le gouvernement contre lesquels s’est insurgé le milieu rural. “Ma famille élevait auparavant des porcs et des volailles, et s’est à présent consacrée à la production céréalière. Alors mon père est allé soutenir les collègues à la préfecture de Tours. Mais le ras-le-bol est général”, relève le pilier gauche du Castres Olympique.

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Le joueur de 24 ans suit bien sûr tout cela de près, se renseigne sur cette “crise globale”, évoque le “nombre d’agriculteurs divisé par deux en 50 ans”, pendant que les “fonctionnaires agricoles ont doublé”. “Ce qui est normal dans une agriculture qui se professionnalise”, nuance-t-il. Loin de lui l’idée de porter un message politique au travers de son statut de joueur professionnel. Ceci, il l’abhorre plus que tout : “Un joueur joue au rugby, point.” Non, ici, il parle “en qualité de futur agriculteur”.

“L’amour du métier est ancré en toi”

En dépit des difficultés frappant l’environnement agraire, le pilier passé par Auch n’a pas dévié de son souhait de reprendre les terres familiales au terme de sa carrière, avec la volonté de relancer l’activité d’éleveur – “Le post-sevrage et l’engraissement”, précise-t-il. “Il y a un slogan dans les manifestations : ”Petit, on en rêve. Grand, on en crève.” C’est terrible mais c’est ça, c’est compliqué mais tu es passionné. L’amour du métier est tellement ancré en toi. Or, quand je m’installerai, j’en parlais lors des fêtes avec mon père, il faudra que tout soit bien posé. Aujourd’hui, tu dois être super bien accompagné, notamment par les fonctionnaires agricoles, justement là pour ça. J’ai vu beaucoup de collègues sortir d’un bac pro et s’installer sans forcément avoir toutes les clés en main.”

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Afin de sauter par-dessus cette pierre d’achoppement, Loïs Guérois anticipe. Déjà. “Dans dix ans, j’aurai 34 ans. Dix ans, c’est dix moissons. Et dans dix moissons, mon père arrêtera. Sauf qu’en agriculture, tu dois prévoir sur du très long terme. Mon père a par exemple investi sur des choses il y a 20 ans pour aujourd’hui. Ce n’est jamais trop tôt. Il faut déjà s’y pencher, s’y intéresser”, justifie ce diplômé d’un bac technologique en sciences et technologies de l’agronomie et du vivant.

Des visites chez les agriculteurs tarnais

En sus de ce bac, Guérois est détenteur d’un DUT en génie biologique (option agronomie), ainsi que de deux CAP : boucher, et charcutier-traiteur. Et il compte également profiter du temps que lui offre sa carrière sportive pour “se remettre à jour en comptabilité et surtout en gestion”.

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Plus que les diplômes et la théorie, c’est sur le terrain qu’a prévu de s’enrichir le Lochois. “Là, je vais commencer à rencontrer des agriculteurs du Tarn ou aux alentours dans le but de voir les différents systèmes, voir ce qui fonctionne. Je vais notamment me rendre à Tanus chez un éleveur de porcs détenteur d’un superbe élevage. C’est essentiel d’avoir divers sons de cloche, d’avoir en main plein de petites clés”, estime celui qui pourra aussi compter sur sa grande sœur, fonctionnaire agricole, le jour de son installation. “Mais pas en associée, lâche, rieur, Loïs Guérois. Elle est très compétente mais bon, vous savez comment ça se passe avec les grandes sœurs, non ?”

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