SERIE : “24 heures avec…”. Maraîchers à Caillac, Didier et Corinne Raynoir vendent leurs légumes les mercredis et samedis sur le marché de Cahors. Une production ramassée la veille. C’est parti pour une journée intense, des champs à la ville.
7 h 01. Les Raynoir ont à peine fini d’installer leur stand que le premier client arrive. Mais voilà déjà deux heures et demie que ce couple de maraîchers est debout. Et presque deux jours qu’il prépare ce marché du samedi matin à Cahors.

Récolter la veille du marché
Retour la veille, en début d’après-midi à Caillac (Lot). Corinne Raynoir arpente un champ pour choisir les plus gros choux verts. “Ils sont petits, ils ont été attrapés par les parasites comme on ne traite pas”, constate-t-elle. Son mari, Didier, ramène des caisses de choux blancs. “Ils sont plus compacts, je les lui laisse, c’est trop lourd”, glisse Corinne. Les gestes sont précis et rapides. L’air est frisquet dans cette grisaille de fin d’automne, mais “ça va”, estime Corinne : “Il y a eu un ou deux vendredis où il pleuvait avec un petit vent glacial… Là, quand on rentre, on se déshabille dans l’entrée et on met tous les habits dans la machine à laver”. Carottes, betteraves, navets, radis noir… ont été ramassés dans la matinée. Une partie des betteraves finit de cuire. La veille, le couple a préparé sacs et cagettes de pommes de terre, ail, échalotes ou encore christophines, ce légume exotique parfois appelé chayotte ou chouchou.

“On est du jour au jour dans les champs”
C’est qu’être producteurs et commerçants suppose une organisation rigoureuse. Tout doit être ramassé au dernier moment pour rester frais. Et le couple travaille sans salarié, bien qu’avec l’aide du père de Didier. “On est du jour au jour dans les champs. Et en hiver, parfois, on ramasse et on conditionne à la lumière”, explique Corinne Raynoir. Mais de moins en moins. “On vieillit, on est plus sages”, commente-t-elle dans un sourire.
En cette veille de marché, les légumes sortis du champ sont lavés à grande eau et à nouveau inspectés. Les caisses s’empilent. Il ne manque que les bottes de feuilles de blette. Direction les serres. À mi-mollet, deux fils électriques interdisent leur entrée aux ragondins. De temps en temps, Corinne demande à Didier de lier sa botte de feuilles : l’arthrose qui lui mange les doigts. Un rouge-gorge, invité surprise, sautille entre les plants. À côté des rangs de blette, de petits fils verts émergent de terre. Ce sont les semis de carotte. Car pour récolter et vendre, il faut produire. Le lundi et le jeudi sont pleinement consacrés aux champs.

Lever à 4 h 30 les jours de marché
Le soir, une fois les récoltes finies, les Raynoir chargent leur camion pour gagner du temps le lendemain. Il faut dire que le réveil sonne à 4 h 30. Et à 6 heures, les voilà en train de commencer à décharger. “C’est beaucoup de manutention, commente Didier Raynoir, le soir, on n’a pas besoin d’aller à la salle”. Puis quand il va garer le camion, son épouse finit d’installer avant d’attendre les clients dans l’obscurité de ce petit matin d’hiver.

Midi passé, le stand est presque vide. Dans une heure, le couple se préparera à quitter Cahors avant de pouvoir enfin passer à table. “Après, c’est la sieste”, ajoute Didier. “Et moi, commente Corinne, c’est kiné”.

