December 29, 2025

Colère des agriculteurs : "Ce qui nous fait tenir, ce sont les gens." Michel Sarran, élus locaux, citoyens… les soutiens aux "Ultras" de l’A64

l’essentiel
Le blocage des “Ultras” persiste sur l’autoroute A64. Ce dimanche matin, une trentaine d’agriculteurs tiennent ce campement structuré, grâce notamment aux dons citoyens. Mais d’autres personnalités leur ont apporté leur soutien.

“Ici continue le pays de la résistance agricole” : ces mots, tagués sur une bâche accrochée à des bottes de foin, marquent l’entrée du barrage installé sur l’A64. Derrière, une trentaine de tracteurs bloquent l’axe, entre les sorties 26 et 27. Un drapeau français est accroché au pont, ainsi qu’une banderole “Ultras de l’A64”. Ces derniers occupent les lieux depuis plus de deux semaines, ce qui leur a permis de structurer le campement.

L’autoroute A64 est bloquée entre les sorties 26 et 27.
L’autoroute A64 est bloquée entre les sorties 26 et 27.
DDM – FREDERIC CHARMEUX

Une cuisine improvisée avec, entre autres, une rôtisserie et deux braseros jouxte un chapiteau chauffé pour les repas. Un deuxième, plus petit, nommé le QG, sert de salle de réunion et de dortoir. Un écran géant a également été installé pour suivre l’actualité, mais aussi les matchs. Ce dimanche matin, ils sont une trentaine à discuter avant le déjeuner. Si les rayons du soleil réchauffent les esprits, la fatigue se fait ressentir.

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Des rencontres inattendues

“Ce qui nous fait tenir, c’est le soutien des gens”, confie Benjamin Asna, éleveur de vaches gasconnes, l’un des leaders du collectif. Parfois, les visites sont inattendues, comme celle du chef étoilé Michel Sarran il y a quelques jours. “Il a échangé avec nous sur le rôle fondamental de l’agriculture dans la gastronomie française”, se félicitent les Ultras sur Instagram. “Ça apporte de la visibilité, mais on sait que ce n’est pas ça qui fera bouger les choses”, tempère l’agriculteur.

Une discussion sous le chapiteau chauffé.
Une discussion sous le chapiteau chauffé.
DDM – FREDERIC CHARMEUX

Autre soutien de taille : les citoyens. Sur le campement, les conteneurs débordent de nourriture donnée. Et période de fêtes oblige, ils sont servis en foie gras, chocolats, panettones, champagne… “Ça fait chaud au cœur. On a déjà trop, on en a donné aux Restos du cœur.” Philippe, petit éleveur ariégeois, n’est pas un Ultra, mais il est venu ce dimanche matin leur apporter des spécialités de Normandie, où il a passé ses vacances. “C’est bouleversant, ce qu’il se passe, il ne faut pas qu’ils s’arrêtent”, témoigne-t-il.

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Le maire PS de Carbonne, Denis Turrel, était également présent, pour partager un café. Il évoque un “soutien indéfectible” et rappelle que “la défense de l’agriculture est aussi celle des territoires et des circuits courts”. La communauté de communes du Volvestre, qu’il préside, a fourni poubelles et chaises au collectif. “Ils sont responsables et ne dégradent rien”, insiste l’élu. Chez Vinci Autoroutes, le discours reste prudent : “Il est toujours trop tôt pour faire un bilan”, les équipes étant encore mobilisées sur la sécurité et l’information des conducteurs.

Nouvel An sur l’A64

Sur le fond, la colère demeure vive. “Quand j’entends la ministre Annie Genevard se féliciter des vaccinations alors que ça fait des mois qu’on alerte les autorités, ça m’a rendu fou, c’est lamentable, lâche Benjamin Asna. Et il n’y a pas que le problème de la dermatose, c’est la partie émergée de l’iceberg. Toute la profession est touchée.”

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Alors que les syndicats ont appelé à une trêve pendant les fêtes, les Ultras ont refusé. Leur espoir : une extension du mouvement dès lundi. Dans tous les cas, ils sont prêts à fêter le Nouvel An sur place. Un peu plus loin dans le Sud-Ouest, la tension dans le monde agricole est palpable. Dans la nuit de samedi à dimanche, la Coordination rurale des Hautes-Pyrénées a déversé sept remorques de neige devant l’hôtel du Département. À Auch, une autre action a conduit à des dégradations, à l’intervention des forces de l’ordre et à une interpellation.

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