Après l’épandage de fumier devant les locaux La Dépêche du Midi à Auch, qui s’est soldée par l’arrestation d’un agriculteur en pleine nuit, le président de la chambre d’agriculture du Gers s’exprime. Lionel Candelon (Coordination rurale) n’approuve pas cette action… sans la condamner. Entretien.
Soutenez-vous l’action menée devant les locaux de La Dépêche du Midi à Auch ?
Je n’ai jamais soutenu une action contre des médias. Je soutiens les manifestations agricoles en général, oui, mais je n’étais pas sur place. Je ne sais pas pourquoi La Dépêche a été visée. D’après ce que j’ai entendu, certains articles ont agacé les agriculteurs.
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Vous ne condamnez donc pas ce type d’action contre des journalistes ?
Non, je ne condamne pas un agriculteur qui tente de s’exprimer. Ce n’est pas une attaque contre La Dépêche du Gers. Peut-être qu’ils ont réagi à un article jugé injuste. Là, c’était juste un peu de fumier devant un local, rien de dramatique. Je ne condamne pas mes agriculteurs.

Mais n’est-ce pas problématique de viser un média ? Présent sur les barrages agricoles toutes les semaines de surcroît…
C’est possible qu’il y ait eu une erreur de cible. Ils sont passés devant et se sont arrêtés pour vider un épandeur. Le vrai problème, c’est qu’un jeune s’est retrouvé mis en joue par trois policiers alors qu’il était au volant de son tracteur. Ça, c’est grave.
Les policiers ont évoqué une manœuvre dangereuse…
Le jeune était en travers de la route, il a juste braqué les roues pour se dégager.
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Vendredi soir, les policiers présents devant la préfecture ont essuyé des jets de pétards et artifices. Vous cautionnez ces agissements ?
Oui, il y a eu des jets de pétards devant la préfecture. Je ne cautionne pas ça, pas plus que les gaz lacrymogènes sur les paysans. Mais hier soir, il n’y avait rien de tout ça. Tant qu’il n’y a pas de dégradation, je ne condamne pas. Si une vitrine avait été explosée, oui.
En tant que président de la chambre d’agriculture, appelez-vous à la retenue ?
Chacun est responsable. Hier soir, ils ont pris une décision. Le jeune au volant du tracteur n’avait pas bu, les tests sont négatifs (le jeune agriculteur serait sorti du commissariat aux alentours de 4h30, NDLR). À La Hurée, les agriculteurs se retrouvent pour souffler un peu, pas pour aller casser quoi que ce soit. Ce sont des gens à bout, pas des voyous.

