Le cours du cacao a été divisé par deux depuis un an. Pourtant le prix des tablettes de chocolat continue d’augmenter et reste à un niveau très élevé dans les grandes surfaces. Pour quelles raisons ?
Le chocolat est-il devenu un produit de luxe ? Tout amateur de chocolat vous le dira : jamais le prix des tablettes n’a été aussi élevé. Lindt, Milka, Nestlé, Poulain, Côte-d’Or… aucune marque n’est épargnée. Pourtant le prix de la tonne de cacao a été divisé par deux depuis un an. Pas le prix des tablettes.
Jusqu’à 10 000 dollars la tonne
Prenons le cas de la tablette Lindt Excellence noir intense 100 grammes. En octobre 2022, elle coûtait 1,53 € en moyenne. Le cours du cacao était alors de 2300 dollars. En janvier 2025, le cacao explose les records : 10 600 dollars la tonne. La tablette de Lindt est vendue à 1,88 € en moyenne. En janvier 2026, le cours du cacao était descendu à 5000 dollars la tonne et la tablette se vendait en moyenne à 2,36 €. Vendredi 20 février, la tonne se vendait 3226 dollars.
La forte hausse des prix du cacao ces dernières années s’explique par la spéculation sur de mauvaises récoltes en raison du manque de pluie en Côte-d’Ivoire et au Ghana, qui représentent près de 60 % de la production mondiale. La forte baisse des cours depuis un an a deux explications principales : des prévisions optimistes de récolte en Côte-d’Ivoire et l’effacement de la spéculation qui avait alimenté la flambée des prix, explique Simon Lacoume, économiste sectoriel chez Coface.
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Les consommateurs paient le cacao au prix fort
Pour comprendre pourquoi les tablettes de chocolat restent aussi chères, c’est tout simple. Le cacao utilisé pour les fabriquer a été acheté au prix fort il y a un an et demi. La flambée des cours se répercute avec retard sur les consommateurs dans les rayons. Le prix du chocolat ne va donc pas encore baisser. Il ne faut pas s’attendre à un recul des prix avant la fin de l’année 2026.
En cette période de négociations commerciales entre grande distribution et fournisseurs jusqu’au 1er mars, les supermarchés mettent la pression sur les fabricants de chocolat. Le patron d’Intermarché Thierry Cotillard avait ironisé sur RTL le 9 janvier. “Avec des tarifs aussi hauts, ils vont devenir obèses”. Intermarché se paie même les fabricants sur une affiche en rayon. Son titre : “Ils se payent notre ganache”.
L’enseigne explique à ses clients : “Cette année, les cours ont chuté drastiquement, pourtant ces grandes multinationales tentent de nous imposer des hausses de prix entre 10 % et 20 %”. Pression ultime : plusieurs références ont été retirées des rayons. Les consommateurs ont tout à y gagner.

