La dernière rencontre entre Trump et Zelensky remonte au 17 octobre. JIM WATSON, TETIANA DZHAFAROVA / AFP
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit rencontrer ce dimanche 27 décembre en Floride Donald Trump pour évoquer la question sensible des territoires, dans le cadre des négociations visant à mettre fin à la guerre, sans succès concret pour l’instant.
• Zelensky « n’a rien tant que je ne donne pas mon accord », prévient Trump
La dernière rencontre entre les dirigeants remonte au 17 octobre : huit mois après un échange très tendu à la Maison-Blanche, ils avaient évoqué, à Washington, la livraison de missiles longue portée, Tomahawk, à l’Ukraine.
Selon Volodymyr Zelensky, les discussions porteront dimanche sur les « questions sensibles » du sort du Donbass, une région industrielle et minière de l’est l’Ukraine que Moscou revendique, et de la centrale nucléaire de Zaporijjia (Sud) occupée par les soldats russes.
Les deux hommes évoqueront aussi les garanties de sécurité que les Occidentaux pourraient fournir à l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec la Russie, a-t-il poursuivi. « Il y a certaines questions dont nous ne pouvons discuter qu’au niveau des dirigeants », a expliqué le président ukrainien.
Volodymyr Zelensky « n’a rien tant que je ne donne pas mon accord », a averti vendredi Donald Trump, dans un entretien au site internet Politico. « Je pense que ça se passera bien avec lui. Je pense que ça se passera bien avec [le président russe Vladimir] Poutine », avec lequel il prévoit de s’entretenir « bientôt », a-t-il relevé.
• Un nouveau texte qui devrait déplaire à la Russie
Les pourparlers en vue d’un règlement du conflit se sont accélérés ces dernières semaines, à la suite de la présentation d’un plan dévoilé par Donald Trump. Alors que ce document était considéré initialement par Kiev et les Européens comme trop favorable à Moscou, Volodymyr Zelensky a dévoilé cette semaine les détails d’une nouvelle mouture, retravaillée mais critiquée par Moscou, qui a accusé l’Ukraine de vouloir « torpiller » les négociations. Cette version prévoit un gel de la ligne de front sans offrir de solution immédiate concernant les revendications territoriales de la Russie, qui occupe plus de 19 % de l’Ukraine.
Contrairement à la version originale rédigée par les Américains et présentée il y a plus d’un mois, la dernière version du plan américain ne comprend plus aucune obligation juridique de non-adhésion à l’Otan pour l’Ukraine, un chiffon rouge pour Moscou qui a présenté cette question comme une des causes de la guerre.
Pour ces raisons, l’accord de la Russie à ce document paraît en l’état improbable. Le nouveau texte « diffère radicalement » de ce qui avait été négocié entre Washington et Moscou, a constaté vendredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, appelant à revenir aux ententes antérieures, faute de quoi « aucun accord ne pourra être conclu ».
« Sans une résolution adéquate des problèmes qui sont à l’origine de cette crise, il sera tout simplement impossible de parvenir à un accord définitif », a-t-il affirmé, accusant Kiev et ses alliés européens de « redoubler d’efforts pour torpiller » les tractations diplomatiques.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a fait savoir qu’un « contact téléphonique » avait « eu lieu » entre Russes et Américains mais a refusé d’en révéler les détails.
• Les Européens se concertent
Avant sa rencontre avec Donald Trump, Volodymyr Zelensky s’est entretenu vendredi avec plusieurs dirigeants dont le chancelier allemand Friedrich Merz, ainsi qu’avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.
Downing Street a de son côté fait savoir que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait échangé vendredi après-midi avec le président français Emmanuel Macron, et Friedrich Merz, réaffirmant leur objectif d’une « paix durable ».
• Nouvelle nuit d’attaques à Kiev
En attendant une percée dans les négociations, l’armée russe a accéléré ses avancées. Mardi, les troupes ukrainiennes avaient dit s’être retirées de Siversk, une ville de l’est, face aux assauts ennemis. Une prise facilitant l’approche des dernières grandes cités du Donbass encore sous contrôle ukrainien, Kramatorsk et Sloviansk.
Près de quatre ans après le lancement de l’offensive à grande échelle de la Russie, l’Ukraine est bombardée quotidiennement. Une journaliste de l’AFP a entendu une série de fortes explosions à Kiev dans la nuit de vendredi à samedi alors que l’armée avait averti la population de nombreux drones et missiles menaçant plusieurs régions ukrainiennes.
Les attaques de la nuit dans la capitale, qui ont provoqué un incendie dans un immeuble résidentiel, ont fait un mort et 19 blessés dont onze ont été hospitalisés, selon le maire Vitali Klitschko.
« Dans la capitale, 19 personnes sont déjà touchées. Onze d’entre elles ont été hospitalisées », a déclaré le maire de Kiev, ajoutant que « 2 600 immeubles d’habitation, 187 crèches, 138 écoles et 22 établissements sociaux » étaient privés de chauffage.
L’attaque a également coûté la vie à une femme de 47 ans dans la région de Kiev, a indiqué le gouverneur de la région, Mykola Kalashnyk. « Ce matin, une partie de la rive gauche de la région restait privée d’électricité. Plus de 320 000 foyers sont privés de courant », a-t-il précisé.
L’armée de l’air ukrainienne a annoncé une alerte aérienne nationale aux premières heures de samedi et a déclaré sur les réseaux sociaux que des drones et des missiles survolaient plusieurs régions ukrainiennes, y compris la capitale.
Les Russes « ne veulent pas mettre fin à la guerre et cherchent à saisir toutes les occasions d’infliger à l’Ukraine des souffrances encore plus grandes et accroître leur pression sur d’autres à travers le monde », a réagi Volodymyr Zelensky avant son départ pour Washington.

