December 26, 2025

"On a besoin de vous maintenant !" : la chambre d’agriculture d’Ariège lance un appel au consommateur pour manger de la viande locale

l’essentiel
Après l’apaprition d’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la filière bovine ariégeoise doit se réinventer. Face aux restrictions d’exportation, Philippe Lacube, président de la Chambre d’agriculture, incite les citoyens et les collectivités à privilégier la viande locale, et notamment le veau rosé, pour soutenir un secteur en difficulté.

“On a besoin de vous maintenant !” L’appel de la chambre d’agriculture d’Ariège est fort, mais nécessaire selon son président Philippe Lacube. “On a entendu et vu le soutien des Ariégeois envers les éleveurs. Maintenant, il faut aller jusqu’au bout et consommer de la viande ariégeoise.” En effet, la crise de la dermatose nodulaire contagieuse impose à l’ensemble de la filière une restructuration pour les mois à venir. Entre les restrictions multiples et la vaccination des cheptels, les éleveurs vont devoir faire une croix sur certains marchés.

En effet, les mouvements de bêtes sont extrêmement limités. “Il y a plusieurs critères à respecter pour sortir une bête de la zone réglementée. Il faut respecter un délai de 45 jours après l’apparition du dernier foyer dans la zone réglementée.”, explique Philippe Lacube. “L’apparition d’un cas dans les Hautes-Pyrénées, le Gers, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales nous concerne. Si un autre foyer se déclare chez eux, on doit aussi respecter le délai.” Pour sortir les bêtes hors de la zone protégée, il faut aussi s’assurer que la couverture vaccinale touche 75 % des bovins pour 95 % des élevages et également attendre un délai de 60 jours. “Une fois tous ces délais, les mouvements sont autorisés selon le protocole actuel. Aujourd’hui, l’Italie a accepté d’autoriser les mouvements de bêtes selon ce protocole des 60 jours. On essaye toujours des négociations pour l’Espagne.”assure-t-il.

3 000 veaux mâles nés au printemps et à l’été

Avec toutes ces restrictions, que faire des veaux nés ce printemps et cet été ? “Il faut promouvoir la vente du veau rosé”. En effet, le déplacement de carcasses est un peu plus simple. ” Bien que la DNC soit inoffensive pour l’homme, aucun bovin malade ne peut être commercialisé. Le vaccin lui, est sans aucun effet pour l’homme”, rappelle le président de la chambre d’agriculture d’Ariège. “On ne s’inquiète pas forcément pour la vente de bœuf et de veau blanc en Ariège, mais le veau rosé qui est une viande entre-deux, est moins courant sur notre territoire. C’est une viande qui est plus appréciée en Catalogne ou en Espagne par exemple”, développe Philippe Lacube. “Il y a environ 3 000 veaux mâles qui sont nés entre avril et août. On va donc accompagner les éleveurs qui ne font pas de l’engraissement pour qu’ils puissent produire du veau rosé”, explique le président de la chambre d’Agriculture. “Notre objectif, c’est de commercialiser cette viande en priorité en Ariège.”

Une filière encore complète en Ariège

Pour ce faire, l’ensemble de la filière a été réuni lors d’une réunion de grande envergure. “On a mis tout le monde autour de la table : les éleveurs, les artisans bouchers, la restauration et aussi les collectivités territoriales et la région”, explique Philippe Lacube. “On leur a demandé de concrétiser leur soutien en mettant en avant cette viande et de commander local.” D’autant que l’Ariège a les capacités pour assurer toute la filière. “Nous avons la chance d’avoir encore deux abattoirs en Ariège, à Saint-Girons et à Pamiers. Nous avons aussi des ateliers de découpe. Ce sont de vrais atouts pour faire vivre la filière localement”, insiste-t-il. Les convois vers les abattoirs vont également être réorganisés. En effet, à cause de la présence de la DNC, l’éleveur doit demander une autorisation administrative 72 heures avant chaque départ. Un papier qui coûte 50 euros, sans remboursement. “On va essayer d’organiser des regroupements pour que ce soit un poids moins lourd pour tout le monde”, explique Philippe Lacube.

Pour le moment aucune commande n’a été passée par les collectivités territoriales pour le veau rosé. “Nous espérons qu’elles arriveront vite, car c’est une production qu’il est possible de mettre en place tout de suite.”, rappelle-t-il. Auprès de la grande distribution, des bouchers et des restaurateurs, la Chambre d’Agriculture envisage de promouvoir cette viande via la marque Nòu. “Finalement c’est un appel à se recentrer sur le local. Cela fait des années que je plaide pour qu’on cesse de miser sur l’exportation et qu’il faut d’abord manger ce qu’il y a à côté de chez nous. J’espère que cette crise va permettre de remettre un élan à cette façon de penser”, confie Philippe Lacube. Reste désormais à savoir si l’élan de solidarité observé sur les barrages se prolongera jusque dans l’assiette des Ariégeois.

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