November 28, 2025

Autoroute A69 : pourquoi les opposants dénoncent 42 hectares d’emprises illégales le long du chantier

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Le chantier autoroutier de l’A69 est accusé par un collectif d’opposants d’avoir étendu ses emprises d’environ 42 hectares hors zones autorisées. Le collectif évoque des haies et zones humides détruites et saisit l’État. Atosca réfute en bloc.

Ils fustigent “LE mensonge du dossier A69”. Le collectif d’opposants à l’autoroute A69, entre Castres et Toulouse, La Voie Est Libre, dénonce dans un communiqué que “42 hectares d’emprises supplémentaires ont été artificialisés par le chantier.” Cela représente autour de 10 % de plus que ce qui est prévu dans la DUP, la Déclaration d’Utilité Publique. “Sur plus de 42 ha d’emprise hors de contrôle, nous avons constaté la destruction de centaines de mètres de haies, de zones humides et de dizaines d’arbres à conserver. Tout se passe hors du cadre légal” estime le collectif, images satellites à l’appui. LVEL évoque notamment 17 sites – à Lacroisille, Castres, Saïx ou Maurens-Scopont – où le chantier s’est installé en dehors des zones prévues, pour du stockage, voire pour la création d’un rond-point. Les opposants ont demandé à l’État la suspension du chantier, et annoncent déposer une plainte au pénal.

“Les zones de chantier sont régulières”

Geoffrey Tarroux est membre de la Voie Est Libre. Il précise : “il n’y a pas d’autorisation environnementale pour que le concessionnaire puisse artificialiser ces terres. On parle de zones humides, de haies défrichées, sans la moindre autorisation.” Concrètement, que signifient ces emprises supplémentaires ? “Ce qu’ils sont en train de faire, c’est grignoter les terres autour du tracé de manière totalement illégale. Des zones qui devaient être préservées ont été massacrées ! On a du mal à croire que le préfet du Tarn n’ait pas été mis au courant de ça”, conclut-il, annonçant que LVEL a saisi la ministre de la Transition écologique.

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Du côté d’Atosca en revanche, on réfute toute dérive. Le concessionnaire assure que “les zones évoquées relèvent des études environnementales et que les impacts ont été intégrés dans le dispositif ERC (Éviter – Réduire – Compenser).” Il explique que “les opérations citées se situent dans les emprises prévues par l’autorisation environnementale”, sans déboisement non autorisé. Et s’il concède que “le caractère linéaire du projet peut nécessiter des adaptations ponctuelles encadrées”, il assure aussi que “toutes les zones de chantier seront remises en état”. Et de conclure : “les secteurs évoqués sont couverts par les études environnementales et les zones de chantiers sont régulières.”

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Du côté de la préfecture du Tarn, on ne se prononce pas sur la légalité ou l’illégalité de ces emprises. Les services de l’État se bornent à rappeler qu’un contrôle continu de l’exécution du chantier est mené et que “si les aménagements ne respectent pas les prescriptions de l’autorisation environnementale, ils feront l’objet d’une action administrative.”

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